August 7, 2009

August Sander a la Fondation HCB

« Voir, observer et penser »
Peintre [Anton Räderscheidt], 1926
© Die Photographische Sammlung/SK Stiftung Kultur -
August Sander Archiv, Köln ; ADAGP, Paris, 2009,
Tous droits réservés
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. On me demande souvent comment l’idée m’est venue de créer cette oeuvre :
Voir, observer et penser, et la question a sa réponse.
August Sander
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. En 1927, à l’occasion de son exposition Hommes du 20ème siècle à la Kunstverein de Cologne, August Sander souligne que « voir, observer et penser » est au coeur de sa démarche photographique. La Fondation HCB organise, en collaboration avec Die Photographische Sammlung / Stiftung Kultur de Cologne, une exposition de tirages de ce grand photographe allemand (1876-1964) qui donne à voir, à travers ses clichés, une représentation de son époque en même temps qu'il nous laisse une brillante leçon de photographie.
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La centaine de photographies exposées à la Fondation HCB du 9 septembre au 20 décembre 2009 sont d'une grande qualité et sont d’époque pour la plupart. En présentant l’oeuvre d’August Sander en faisant cohabiter portraits, paysages et études botaniques, les organisateurs ont souhaité rendre justice à l’esprit même de sa démarche.
. Né en 1876, August Sander a cherché tout au long de sa vie à transmettre une image de son époque qui se veut fidèle à la réalité, grâce à la photographie. Celle-ci le passionne très tôt et il achète son premier appareil photo à 16 ans. D’abord employé d’un studio photo, il s’installe très vite comme photographe professionnel à Cologne et gagne sa vie comme portraitiste. Au début des années 20, il s'intègre dans les cercles culturels de Cologne. Musiciens, écrivains, architectes et acteurs posent pour le photographe qui commence à travailler au projet de sa vie, Hommes du XXème siècle (publié dans son intégralité en 1980). Le regard porté par August Sander sur la réalité se veut objectif et est accueilli avec enthousiasme lors de la publication, en 1929, de Antlitz der Zeit (Visages d’une époque). Ce recueil de portraits, avait pour objectif d’établir une sorte d’inventaire sociologique des types humains, classes sociales et métiers, en cherchant à éviter les clichés idéalisants.
. Parallèlement à l’attention portée aux hommes de son temps, August Sander est un fin observateur de la nature. Il commence à établir un répertoire topographique des différentes régions d’Allemagne et réalise des études de botanique qui le passionnent. Il s’agit pour lui de montrer le lien existant entre l’homme et les espaces naturels qu’il façonne. Dès 1930 il élabore des albums ayant pour thème ces régions et notamment les paysages du Rhin, dont l’exposition à la Fondation HCB présente un exemplaire complet.
. L’arrivée au pouvoir des nazis marque le début d’une période difficile pour le photographe, qui va déménager à la campagne avec sa femme Anna très active dans le studio. Il y met en sécurité 10.000 négatifs parmi les plus précieux. Son livre Antlitz der Zeit est interdit à la vente en 1936, et les stocks mis au pilon. Son fils Erich, membre du Parti communiste, est emprisonné (il meurt en 1944), et une grande partie de ses négatifs est détruite dans l’incendie de son appartement de Cologne.
. Après la guerre, August Sander se consacre à l’organisation de ses archives et notamment à la constitution d’un vaste ensemble sur Cologne, avant la destruction de la ville pendant la guerre : Köln wie es war (Cologne telle qu’elle était). La ville l’achètera en 1953.
. En 1951, son travail est montré lors de la Photokina de Cologne. Il fait partie de la célèbre exposition Family of man organisée par Steichen au MoMA de New York en 1955. Mais sa première grande exposition personnelle hors d’Allemagne, se tiendra au MoMA de New York en 1969, après sa mort.
. August Sander meurt le 20 avril 1964 à Cologne. Il laisse une oeuvre photographique immense. Son rapport à la série, son goût pour la démystification et la restitution à la recherche de l'objectivité ont éveillé chez de nombreux photographes contemporains une autre façon d'appréhender leur travail photographique.
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Le catalogue, publié en Français par Schirmer/Mosel, est accompagné d’une préface par Agnès Sire, d’une introduction par Gabriele Conrath-Scholl et de la retranscription, pour la première fois en français, de la cinquième conférence radiophonique sur la photographie tenue en 1931 par August Sander : La photographie, langage universel.
. Fondation Henri Cartier-Bresson
du 9 septembre au 20 décembre 2009
2, impasse Lebouis
75014 Paris
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