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November 25, 2017

Marianne Mispelaëre @ Martine Aboucaya, Paris

Marianne Mispelaëre : Echolalia
Martine Aboucaya, Paris

Jusqu'au 21 décembre 2017

Pour sa première exposition personnelle à la galerie Martine Aboucaya, Marianne Mispelaëre a choisi de travailler sur les disparitions des langages.

Les langues nous font voir. Celle que que nous parlons conditionne notre regard sur le monde : en tant que système, elle détermine une façon spécifique de comprendre ce qui nous environne, elle influe sur notre capacité à penser et à agir. Ce n'est pas seulement un outil de communication, c'est aussi un filtre actif qui donne une tonalité à la réalité, un point de vue.

L’écholalie implique un comportement répétitif de la parole. Par ce titre, l'exposition redouble les oeuvres et les actions.

Dès l'entrée, AUTODAFÉ propose des phrases qui ont toutes un lien avec la vision, la perception. Les messages invitent à regarder au-delà des apparences, des clichés, à percevoir et à comprendre plutôt que de voir frontalement ce qui est présent devant nos yeux. Le dessin mural est généré par un système d'écriture en réserve.

L'oeuvre Palimpseste, déjà présente dans l'exposition précédente, s'est agrandie. Une grande fenêtre d'effacement à la gomme bleue s'ouvre à nous.

Dans la Bibliothèque des Silences, nous faisons face à une liste de 52 langues dites « mortes », ne comportant plus aucun locuteur natif. Ici les noms de ces langues, la date précise ou approximative de leurs disparitions, toutes ces informations sont dessinées, puis seront effacées à nouveau. La gomme rendra le texte presque invisible, pourtant elle le conservera dans sa propre matière. Elle en est la mémoire.
Il s'agit ici de langues disparues au XXIème siècle. A l'échelle d'une année, nous pouvons imaginer que chaque dimanche, une langue s'est évanouie.
Cette oeuvre murale fonctionne avec une table d'orientation qui reprend en étoile les dernières personnes à avoir parlé une de ces langues. Hommage à ceux dont la mort a également éteint un langage.

La video Standpoint est aussi un point de vue. C'est une prise de position individuelle.
La conversation entre Margaret Two Shields, Marcus Heim et Marianne Mispelaëre a été enregistrée en août 2017. Les images ont été tournées en mars et en juillet 2017 dans la réserve des natifs américains de Standing Rock (Dakota du Nord, États-Unis), à l’aube de la mise en route du Dakota Access Pipeline (DAPL). Cette femme cherche ses mots dans sa langue maternelle, mais ne les trouve plus. Elle en parle pourtant, avec fierté et en images, mais en anglais...

Mais une langue est aussi un moyen simple et complexe pour "parler". Deux grands dessins au trait reprennent des conversations intellectuelles ou amoureuses. L'artiste les retranscrit en temps réel de l'écoute. Quand deux individus se parlent, ils s’associent et chacun succède à l’autre avec ce qu’il a de complexité, spontanéité et expériences, dans le but de construire ensemble, par strates, une idée, une conviction.
Et dans ces dessins, les silences deviennent des points.

MARTINE ABOUCAYA
5, rue Sainte-Anastase - 75003 Paris
www.martineaboucaya.com

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