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March 17, 2014

Expo Fernand Léger - Biot & Nantes : Reconstruire le réel

Fernand Léger : Reconstruire le réel 
Musée national Fernand Léger, Biot, 1er mars - 2 juin 2014 
Musée des Beaux-arts de Nantes, 20 juin - 22 septembre 2014

Fernand Léger : Reconstruire le réel 
© Affiche Réunion des musées nationaux - Grand Palais, 2014 

Considéré comme un peintre « réaliste » en phase avec les éléments de la vie moderne, Fernand Léger propose, des années 1920 à l’immédiat après Seconde Guerre mondiale, des associations d’objets déroutantes, jouant de ruptures d’échelle, de mises en espace d’objets flottants, de motifs biomorphiques. S’il reste fidèle au « réalisme de conception » qu’il définit comme celui de la ligne, de la forme et de la couleur, Léger semble aussi attentif aux recherches plastiques des Surréalistes. Ami de Man Ray et de Duchamp, il retrouve, lors de son exil aux États-Unis, Masson, Tanguy, Matta, Breton, Ernst et affiche son amitié avec le milieu surréaliste, notamment lors de l’exposition « Artists in Exils » en mars 1942 à la galerie Pierre Matisse de New York.

Un regard approfondi sur l’oeuvre de Fernand Léger permet de dégager de grands axes qui semblent pouvoir être rapprochés de certains préceptes caractéristiques du surréalisme.

Fernand Léger, les contrastes d'objets et la perturbation des rapports d'échelle
Dans l’oeuvre de Fernand Léger, les rapprochements contrastés de formes sont à la base même des recherches engagées par l'artiste mais la confrontation incongrue d’objets devient aussi une modalité courante. L'objet est définitivement libéré de toute contrainte et devient une entité à part entière : parapluie, compas, boîte d’allumettes, trousseau de clefs en éventail, roulement à bille, balustre, machine à écrire, chapeau melon ... sont autant d'éléments qui figurent dans l'iconographie de Fernand Léger et dont le traitement, comme dans la Joconde aux clefs, permet de créer des « contrastes aigus » et des rencontres aléatoires, assez proches finalement de la définition du hasard objectif, chère aux Surréalistes. Ces derniers, rappelons-le, ont fait leur la célèbre phrase de Lautréamont : Beau comme la rencontre fortuite sur une table de dissection d’une machine à coudre et d’un parapluie, (Les Chants de Maldoror) pour en faire une des définitions de leur esthétique.

Fernand Léger et la recherche d'un nouvel espace : objets décontextualisés et objets en apesanteur
Comme les Surréalistes, Fernand Léger est fasciné par « l’art de la vitrine », cet assemblage insolite d’objets rendus libres du fait de leur décontextualisation. Ainsi, l’oeuvre de l'artiste connaît-il une période dite des « objets dans l’espace ». Il semble ainsi évoluer du monumental au sculptural et donne la priorité à une perspective inversée, repérable dans de tourbillonnantes compositions. C'est à une sorte d'oxymore visuel auquel aboutissent alors ses compositions où les objets initialement inertes sont subitement ramenés à la vie par leur mise en mouvement. Si les compositions antérieures faisaient en effet reposer les objets sur des supports (tables, guéridons), tels des ancrages dans le réel, les objets sont désormais dégagés des lois de la gravité : ils sont comme en apesanteur sur des fonds colorés, souvent monochromes, parfois seulement reliés à des cordes, torons, tresses ou autres rubans.

Fernand Léger et le biomorphisme
Souvent intéressés par les sciences du vivant, de nombreux artistes ont, dans cette période, recours à un vocabulaire formel que l'on peut qualifier de biomorphisme. Des artistes comme Arp, Miró, Tanguy ou Dalí ont fait leur ce langage qui fait lien entre le réel et l’imaginaire. Entre 1929 et 1933, Fernand Léger abandonne l'univers mécanique et industriel au profit, à son tour, de formes naturelles, d'essence minérale, végétale ou animale. Il subit l'influence de Jean Painlevé dont le cinéma scientifique élargit la conscience visuelle de l'époque en scrutant le monde microscopique. Léger délaisse le spectacle de la vie moderne pour une approche plus lente du réel. De la série des objets dans l'espace, il garde le fond neutre où flottent ses formes abstraites, souples et molles qui semblent toutes venir du monde organique.

Fernand Léger et les objets décontextualisés
Constituée de dessins austères en noir et blanc qui évoquent la technique de la gravure par leurs jeux d'ombre et de lumière, une étrange série graphique témoigne d'une recherche minutieuse du sujet. Choisis dans le périmètre quotidien de l'artiste, les objets appréhendés (veste, gants, lunettes, compas…) subissent une manière de métamorphose par agrandissement de leurs formes et par soustraction à leur univers habituel. Fruit d’une intense observation du réel, les dessins d’objet se font ainsi support de l’imaginaire et se dotent d'une puissance lyrique entièrement nouvelle.

Ainsi, l'exposition que le musée des beaux-arts de Nantes et le musée national Fernand Léger à Biot présentent cette année, entend explorer les rapports de l'oeuvre de Fernand Léger avec les préceptes d'un mouvement qui, à première vue, semblent lui être bien étrangers. L'exposition « Fernand Léger : reconstruire le réel » se propose de mettre en évidence les similitudes entre des mondes qui semblent très éloignés mais qui, étant contemporains, peuvent tout de même présenter certaines connivences.

Cette exposition est organisée par la Réunion des musées nationaux-Grand Palais, les musées nationaux du XXe siècle des Alpes-Maritimes et le musée des Beaux-arts de Nantes.

Commissaires de l'exposition : Blandine Chavanne, directrice du musée des Beaux-arts de Nantes, Maurice Fréchuret, directeur des musées nationaux du XXe siècle des Alpes-Maritimes, Diana Gay, conservatrice au musée national Fernand Léger, Claire Lebossé, conservatrice chargée de l'art moderne au musée des Beaux-arts de Nantes, Nelly Maillard, chargée des collections au musée national Fernand Léger.

FERNAND LEGER. RECONSTRUIRE LE REEL : Catalogue de l'exposition 

Fernand Léger : Reconstruire le réel 
22 x 29 cm, broché avec rabats, 144 pages, 120 illustrations 
Editions de la Réunion des musées nationaux - Grand Palais, Paris 2014 

Sommaire :
- Le réel transposé, Maurice Fréchuret
- « Il faut toujours laisser une route libre pour les artistes », Blandine Chavanne
Contrastes d'objets par Claire Lebossé
- La question de l’objet vu du cinéma, Jean-Michel Bouhours
- Léger le démiurge, Thierry Dufrêne
- Le pragmatisme de Léger, Megan Heuer
Objets dans l'espace par Claire Lebossé
- Contrastes d’objets, 1930, Jacqueline Chénieux-Gendron
- La Joconde aux clés, Emmanuelle de l'Ecotais
Biomorphisme par Diana Gay
- Brut et parfait ou l’objet « tout cru », Guitemie Maldonado
- Semence d’étoile, Le cosmos biomorphique de Fernand Léger, Arnauld Pierre
Objets décontextualisés par Diana Gay
- L’imagination matérielle de Fernand Léger, Nicolas Surlapierre
Abécédaire, Petit-répertoire de formes référencées dans l’oeuvre de Fernand Léger par Nelly Maillard
- Biographie par Nelly Maillard
Liste des oeuvres exposées
Bibliographie indicative

Auteurs :
Maurice Fréchuret, Directeur des musées nationaux du XXe siècle des Alpes-Maritimes
Blandine Chavanne, Conservatrice générale du patrimoine, directrice du Musée des Beaux-arts de Nantes
Claire Lebossé, Conservatrice du patrimoine, chargée des collections d’art moderne au musée des Beaux-Arts de Nantes
Jean-Michel Bouhours, Conservateur collections historiques, Musée national d'art moderne, Centre Pompidou
Thierry Dufrêne, Professeur à l’université Paris 10 Ouest Nanterre et à l’Institut national d’histoire de l’art
Megan Heuer, Historienne d’art
Jacqueline Chénieux-Gendron, Directrice de recherche CNRS émérite et membre du comité André Breton
Emmanuelle de l’Ecotais, Chargée des collections photographiques au Musée d’art moderne de la ville de Paris
Diana Gay, Conservatrice du patrimoine au musée national Fernand Léger
Guitemie Maldonado, Professeur d'Histoire de l'art à l'École Nationale Supérieure des Beaux-arts de Paris
Nicolas Surlapierre, Directeur des musées de Belfort
Nelly Maillard, Chargée des collections au musée national Fernand Léger

Musée national Fernand Léger
Chemin du Val de Pôme - 06410 Biot
Site internet : www.musee-fernandleger.fr

Musée des Beaux-arts de Nantes
Chapelle de l'Oratoire, Place de l'Oratoire - 44000 Nantes
Site internet : www.museedesbeauxarts.nantes.fr

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