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Art Exhibitions, Art Fairs, Visual Arts, Photography, Graphic Arts, Design, Video Art, Architecture, Films, Photo / Imaging Equipments, Publications


November 30, 2013

Eric Guglielmi, Galerie Maubert, Paris : Exposition Parce que jusqu'ici tout va bien…

Eric Guglielmi, Parce que jusqu'ici tout va bien… 
Galerie Maubert, Paris 
12 décembre 2013 - 25 janvier 2014 


Photo © ERIC GUGLIELMI
Courtesy Galerie Maubert, Paris

La Galerie Maubert présente Parce que jusqu'ici tout va bien… exposition personnelle du photographe ERIC GUGLIELMI. Vernissage le 12 décembre de 18h à 22h.
" Et si tout venait à basculer plus encore… ? " Chaque jour cette question oriente mon regard sur le monde. Je n'ai évidemment pas de réponse préconçue. Alors je pars photographier. Là où se montrent les tensions qui constituent notre quotidien. Sur les ruines douloureuses du travail surexploité à Dacca, dans les villes hantées par le passage de Rimbaud, dans les ports de la traite négrière, le long des gazoducs qui sillonnent l'Ukraine ou au coeur des Ardennes, cette région qui s'interroge, elle aussi, sur son avenir ; poussé par le sentiment de l'urgence, " Parce que jusqu'ici tout va bien ". -- Eric Guglielmi.
" Et si tout venait à basculer plus encore… ? " C’est tout le propos de cette exposition personnelle d’Eric Guglielmi qui nous amène du Bangladesh aux Ardennes en passant par l'Ukraine et l'Afrique : Quels lendemains nous réservent nos actions d’aujourd’hui ? Un face-à-face avec nous-mêmes.  

Eric Guglielmi s’appuie sur une démarche organisée autour de la marche, l’attente et de l’observation. Ses photographies font parties des collections du Musée Arthur Rimbaud et de la BnF. Sa série Je suis un piéton rien de plus..., a fait l’objet de la publication d’un livre aux Editions Gang et d’une exposition de 4 mois au musée Arthur Rimbaud (2011) dont nous avions rendu compte ici.

Galerie Maubert
20 rue Saint-Gilles
75003 Paris
www.galeriemaubert.com

Exposition actuelle : Derrière la couleur, du 3 octobre au 7 décembre 2013.

November 28, 2013

Expo Ulla von Brandenburg, Art : Concept, Paris

Ulla von Brandenburg : Die Straße 
Galerie Art : Concept, Paris 
30 novembre 2013 - 25 janvier 2014 
“ Voudriez-vous me dire, s’il vous plaît, par où je dois m’en aller d’ici? - Cela dépend beaucoup de l’endroit où tu veux aller. - Peu importe l’endroit... - En ce cas, peu importe la route que tu prendras. - .... pourvu que j’arrive quelque part”, ajouta Alice en guise d’explication. “Oh, tu ne manqueras pas d’arriver quelque part, si tu marches assez longtemps.”Lewis Carroll, Alice au pays des merveilles, éd. Gallimard, 1994, p. 105
Pour sa troisième exposition personnelle à la galerie Art : Concept, ULLA VON BRANDENBURG présente Die Straße, son dernier film, qu’elle intègre dans une installation labyrinthique en tissu métamorphosant ainsi l’espace de la galerie. Comme dans Die Straße qui met en scène un homme évoluant dans une rue délimitée par des décors de théâtre, le spectateur va être invité à progresser dans un espace clos, défini par les pans de tissus. Comme souvent dans le travail d’Ulla von Brandenburg, l’installation a son importance car elle permet un ancrage spatial, elle est spécifique au lieu qui l’accueille car elle développe un dialogue avec lui et préfigure ce qu’il va se passer dans le film. 

ULLA VON BRANDENBURG
Die Straße (extrait du film / still from video), 2013
film noir et blanc, sonore, 11’20 min / film b&w with sound, 11’20 min
Image courtesy Art : Concept, Paris 

Après 8, Singspiel, Chorspiel ou Spiegellied I & II dont l’action se situait dans des maisons ou des intérieurs supposés (Chorspiel), Die Straße a été tourné en plein air et l’histoire se passe dans une rue. L’écrin protégé qu’est la maison permettait à Ulla von Brandenburg d’évoquer la thématique de la famille, des relations entre les individus, créant ainsi une sorte de toile connectant les différents protagonistes entre eux. Dans la rue, en revanche, les habitants qui la peuplent peuvent se connaître sans pour autant être liés, la rue est un espace ouvert et les choses qui s’y passent diffèrent de celles inhérentes à la sphère privée. Dans Die Straße, un visiteur entre dans la rue et devient le témoin d’une série d’événements tout en restant à l’écart. Rappelant les mécanismes d’Alice au pays des merveilles, dans lequel le personnage principal maintient sa position de regardeur et essaie de comprendre le fonctionnement de ce monde qui lui est étranger, l’acteur principal devient un être à part, en marge du monde qu’il découvre, devenant au fur et à mesure suspect aux yeux des autres. Dans son errance à travers la rue, il devient nous, les spectateurs, étrangers venus d’un autre monde, d’un autre temps et débarquant ici, incapables de comprendre les rites, les actions de ces hommes et femmes qui nous entourent. Comme la jeune Alice, les rares fois où il tente d’intervenir, on assiste au télescopage de ces deux mondes et à l’incompréhension des autres protagonistes. Lui veut aider mais le fait-il vraiment ? Ne finit-il pas par déstabiliser l’équilibre existant au sein de ces rituels, de ces événements ? 

ULLA VON BRANDENBURG
Die Straße (extrait du film / still from video), 2013
film noir et blanc, sonore, 11’20 min / film b&w with sound, 11’20 min
Image courtesy Art : Concept, Paris 

A cette notion de mise à distance s’ajoute la question de l’intemporalité, thème souvent abordé par Ulla von Brandenburg dans son travail, qu’elle explique ainsi : “Quand on ne peut pas définir quelque chose temporellement parlant, on lui attribue automatiquement une affiliation au passé. Mais qui peut dire qu’en fait il ne s’agit pas plutôt du futur ? C’est important pour moi de placer l’action hors du temps et de jouer avec les différentes époques. Mes films évoquent davantage une perspective historique que le passé en tant que tel”. Dans ses films et installations, Ulla von Brandenburg crée une distance entre le “ici et maintenant” et la temporalité/espace. Cette mise à distance fonctionne comme une sorte de vide qui peut être comblé par des images ou des objets que l’on retrouve à la fois dans le film et en même temps dans l’espace d’exposition. 

Les objets ont un rôle prépondérant dans l’art théâtral d’Ulla von Brandenburg et on les retrouve aussi bien dans ses films que dans ses oeuvres plastiques. Dans le cadre des films, ils prolifèrent dans l’espace et ne cessent de dépasser le statut d’accessoire ou de simple élément de scénographie. Dans ses aquarelles et papiers découpés ils deviennent autant de références à des époques différentes, des rites, des symboles qui ont construit nos sociétés. Car finalement de ces objets et références multiples découle ce que nous sommes, nous nous fabriquons et évoluons ou non avec eux. Prenons l’exemple du miroir, objet central dans le travail d’Ulla von Brandenburg, ce dernier est utilisé comme objet, artifice de théâtre et de jeu, il permet d’établir un lien en la fiction et la réalité. En regardant à travers un miroir, nous accédons à un autre niveau de perception et de sens. Le miroir est un symbole, symbole de la connaissance, du savoir, il montre et reflète différents états de la réalité qui nous entoure: connaissance, réflexion, conscience. Sans pour autant rentrer dans une analyse lacanienne des choses où le miroir permet de prendre conscience du “Je” et de notre propre développement en tant qu’individu, Ulla von Brandenburg en utilisant un tel objet fait allusion à l’individu, sa place dans la société, qui fait quoi? Qui utilise quoi ? Quel prix doit-on payer afin de prendre place dans la pyramide du pouvoir ? 

ULLA VON BRANDENBURG
Die Straße (extrait du film / still from video), 2013
film noir et blanc, sonore, 11’20 min / film b&w with sound, 11’20 min
Image courtesy Art : Concept, Paris 

A ces objets, ces personnages errants, ces protagonistes indatables, s’ajoutent des paroles souvent chantées, toujours en allemand. Les textes rappellent l’écriture automatique des Surréalistes et sont écrits en une seule fois sans pause. Il s’agit toujours d’un discours direct, avec des jeux de mots, des références à des chansons... Ce dialogue, davantage associatif que narratif, permet alors au cerveau de créer automatiquement des connexions et de donner des significations émotionnelles à l’individu qui regarde. 

Via le théâtre, la mise en scène, les artefacts, les rites, l’ombre, la lumière ou les traditions populaires, le travail d’Ulla von Brandenburg amène le spectateur à regarder, appréhender des mondes étranges, mais finalement l’amène à se poser la question fondamentale de la place qu’il occupe et du rôle qu’il joue... 

Aurélia Bourquard

ART : CONCEPT
13, rue des Arquebusiers - 75003 Paris 

November 23, 2013

Expo Joel Kyack, Galerie Praz-Delavallade, Paris

Joel Kyack, Point at The Thing That’s Furthest  Away 
Galerie Praz-Delavallade, Paris 
23 novembre 2013 - 11 janvier 2014 

Joel Kyack
JOEL KYACK 
Wake Up Dead People, 2013 
canvas, framed images, acrylic, marker, wire, wood 
180,3 x 91,5 x 5,7 cm - 71 x 36 x 2 1/4 inches 
Image courtesy Galerie Praz-Delavallade, Paris 

La galerie Praz-Delavallade consacre une exposition à l’artiste américain JOEL KYACK intitulée “Point at The Thing That’s Furthest  Away”. Avec son humour si particulier comme matière première, cette nouvelle exposition permet à Kyack de faire évoluer sa pratique toujours proche du bricolage vers la  sphère picturale. Seront présentées ici sept peintures d’une nouvelle série ainsi qu’une sculpture fontaine. 
“Il y a un an de cela, j’emménageais dans mon nouvel atelier, niché sur une petite parcelle entre une rivière, une voie de chemin de fer et une autoroute, et situé à seulement un bloc de deux grands thrift stores (*) dans un quartier de Los Angeles par ailleurs essentiellement industriel. Ces entrepôts (et les rues aux alentours) sont devenus le lieu de dépôt privilégié pour de nombreux objets jugés désormais inutiles et invendables. J’ai commencé à me promener quotidiennement dans ces magasins à la recherche d’objets potentiellement utilisables pour de futures oeuvres.  
Surveillant le rythme de restockage de ces boutiques, je me suis trouvé attiré par leurs étalages d’images encadrées. Réapprovisionnées fréquemment, ces images proviennent de contextes extrêmement variés: dessins d’artistes amateurs, posters et affiches, diplômes universitaires ou objets de collection, souvenirs, portraits de famille ou encore publicités encadrées. Re-contextualisées dans des peintures pleines d’humour et d’énergie, faisant usage d’une gestuelle forte, ces images statiques commencent à prendre un nouveau sens. Un jeu s’instaure entre la toile peinte et l’image encadrée.  
Je m’intéresse au pouvoir de transformation que possède le cadre, permettant à toute personne d’exprimer et de souligner l’intérêt ou la valeur donnée à un objet. Le cadre signifie que l’oeuvre est terminée et lui concède une certaine qualité. Elle est prête à rencontrer son public, l’artiste n’y touche plus. Dans mes tableaux, ces images deviennent un matériau parmi d’autres dans un contexte élargi, elles sont libérées de leur état d’inertie. La fabrication de l’oeuvre, l’emprunt et l’appropriation sont mis en lumière, de manière à questionner les sources de l’inspiration et les différentes façons de les interpréter.”  
Joel Kyack, Octobre 2013 
(*) Thrift stores : magasins qui écoulent principalement de la marchandise de seconde main, à des fins caritatives, à l’image de l'Armée du Salut ou Emmaüs en France. 

JOEL KYACK a reçu son BFA à la Rhode Island School of Design et son MFA à l’University of Southern California. Il vit et travaille actuellement à Los Angeles et a récemment fait l’objet de plusieurs expositions personnelles : “Escape to Shit Mountain” à la galerie François Ghebaly à Los Angeles, “River / Stream / In-Between” à la galerie Kate Werble à New York, ainsi que “Superclogger”, un projet d’art public initié par le Hammer Museum et LAXART, Los Angeles. Il a réalisé également des performances comme par exemple “Growing Pains Leave Stains” pour “Kaleidoscope” au MARCO Testaccio à Rome et “Wattis up with this guy?” au Wattis Institute de San Francisco. Ses oeuvres sont présentes dans de nombreuses collections publiques et privées, dont la Rubell Family Collection à Miami. 

Galerie Praz-Delavallade 
5, rue des Haudriettes - 75003 Paris
www.praz-delavallade.com

Photo Exhibition: Danny Lyon, Foto Colectania Foundation, Barcelona

Photo Exhibition: Danny Lyon 
Foto Colectania Foundation, Barcelona 
Through April 17, 2014

The Foto Colectania Foundation, Barcelona, exhibits three iconic series of the photographer DANNY LYON

Danny Lyon is considered one of the most influential and original documentary photographers of the 20th century. His work highlights for the special involvement he demonstrated with the communities he photographed in the United States. With works from the Martin Z. Margulies Collection, the Foto Colectania Foundation exhibits in Barcelona three of his most iconic series, "Conversations with the Dead" (1971) where he reveals the situation of Texas state prisons in the late sixties, "The Bikeriders" (1967), showing the lives of the American Midwest bikers, and "Uptown" (1965), which reflects the life of the immigrant neighborhood in northern Chicago. This exhibition dedicated to Danny Lyon is presented in two consecutive shows at Foto Colectania: "Conversations with the Dead" from the 18th October to the 18th January 2014, and "The Bikeriders" and "Uptown" from the 23th January to the 17th April 2014.

Danny Lyon is one of the main promoters of the "New Journalism" and he is also one of the representatives of the "concerned photographers". As it happens with Robert Frank and William Klein, his series and books, beyond seeking only political commitment, show that the author is more important than the subject. Furthermore, in the case of Danny Lyon the photographic practice as a personal learning process and the desire to live the experiences outside the official story are characteristics reflected in all his work.

Danny Lyon: Conversations with the Dead
through January 18, 2014

DANNY LYON
USA. Huntsville, Texas. 1968. 
Ferguson, a prison farm for young men ages seventeen to twenty one.
© Danny Lyon / Magnum Photos, courtesy Edwyn Houk Gallery, New York

This series composed of 76 photographs illustrates a fourteen month period between 1967 and 1968 in which Danny Lyon photographed six prisons in the state of Texas. The photographer wanted to transmit by his snapshots that the penal system of this state is a symbol for incarceration globally: “I tried with whatever power I had to make a picture of imprisonment as distressing as I knew it to be in reality”.

DANNY LYON
USA. Huntsville, Texas. 1968. 
The Walls is a walled penitentiary, it is the oldest unit of the system and is located near the center of the town of Huntsville. Cell block table. 
© Danny Lyon / Magnum Photos, courtesy Edwyn Houk Gallery, New York

The project, which was done with the full cooperation of the Texas Department of Corrections and was published in 1971, reveals a new and distinctive approach as the images are interspersed with texts from various sources, letters, works by the convicts and even fiction. 

Danny Lyon: The Bikeriders / Uptown 
from January 23 through April 17, 2014

DANNY LYON
USA. Louisville, Kentucky. 1966. 
Crossing the Ohio.
© Danny Lyon / Magnum Photos, courtesy Edwyn Houk Gallery, New York

From January on, Foto Colectania will exhibit another two very emblematic portfolios by Danny Lyon:

The series "The Bikeriders" (whose book was published in 1967), is based on the life of the American midwest bikers from 1963 to 1967. In these four years, Danny Lyon went beyond mere documentation and traveled the roads as a member of the motorcycle club known as the Chicago Outlaws, sharing their lifestyle. The series, which got great popularity in the 60s and 70s, is "an attempt to record and glorify the life of the American bikerider", according to the author. As he says, "(the bikeriders) is the personal record, dealing mostly with bikeriders whom I know and care for. If anything has guided this work beyond the facts of the worlds presented it is what I have come to believe is the spirit of the bikeriders: the spirit of the hand that twists open the throttle on the crackling engines of big bikes and rides them on racetracks or through traffic or, on occasion, into oblivion.” 

DANNY LYON
USA. Chicago. 1965. 
Uptown. Three young men.
© Danny Lyon / Magnum Photos, courtesy Edwyn Houk Gallery, New York

The strength transmitted by Danny Lyon's photographs already exists in his first series as the one made in Chicago’s neighborhood called Uptown, which gives its name to the series "Uptown" (1965). In the mid-60s Lyon portrayed recent immigrants from the Appalachia and the southern America. The photographer describes that his intention was to give visibility to people who never would have it if it was not for his images. In the author's words: “To freeze from time some moments, some gestures, a face, to be looked upon forever or a brief while by those who will never see it if it is not shown. The pictures are not made to disturb people’s consciences but rather to disturb their consciousness. The pictures do not ask you to “help” these people, but something much more difficult; to be briefly and intensely aware of their existence, an existence as real and significant as your own”. 

Fundació Foto Colectania
Julián Romea, 6 - 08017 Barcelona, Spain
www.colectania.es

November 22, 2013

Expo America Latina, Fondation Cartier, Paris

América Latina 1960-2013 Photographies 
Fondation Cartier pour l'art contemporain, Paris 
Jusqu'au 6 avril 2014 

Photographie de l'affiche : Marcelo Montecino 
Managua, 1979 
Tirage Cibachrome. Tirage d’époque
Collection privée, courtesy Toluca Fine Art, Paris
© Marcelo Montecino

La Fondation Cartier pour l’art contemporain présente América Latina 1960-2013, en coproduction avec le Museo Amparo de Puebla (Mexique). L’exposition offre une perspective nouvelle sur la photographie latino-américaine de 1960 à nos jours, à travers le prisme de la relation entre texte et image photographique. Rassemblant soixante-douze artistes de onze pays différents, elle révèle la grande diversité des pratiques photographiques dans cette région du monde. Cette exposition, véritable plongée dans l’histoire du sous-continent latino-américain, nous invite à (re)découvrir des artistes majeurs rarement présentés en Europe. 

Anna Bella Geiger
Série História do Brasil – Little Boys & Girls, 1975
Cartes postales montées sur tirage gélation-argentique
Collection de l’artiste, courtesy Henrique Faria Fine Art, New York. 
Copyright de l’artiste, 1975

Amérique latine : un territoire fascinant 

Ancien « Nouveau Monde » associé à un certain exotisme, l’Amérique latine a toujours fasciné les observateurs autant qu’elle les a mystifiés. Aujourd’hui encore, la culture latino-américaine contemporaine suscite un intérêt grandissant, alors même que le contexte historique de sa production demeure souvent méconnu. La période allant de 1960 – au lendemain de la révolution cubaine – à nos jours, marquée par l’instabilité politique et économique, a vu se succéder les mouvements révolutionnaires et les régimes militaires répressifs, l’émergence des guérillas et les transitions démocratiques. En explorant l’interaction entre texte et photographies dans l’art latino-américain au cours des cinquante dernières années, l’exposition América Latina choisit de mettre en perspective cette époque tumultueuse de l’histoire à travers le regard des artistes. 

Adriana Lestido
Série Mujeres presas, 1991-1993
Tirage gélatino-argentique. Tirage d’époque
Collection Fondation Cartier pour l’art contemporain, Paris
© Adriana Lestido

Entre texte et photographies, un espace de liberté

Les connexions étroites entre art et littérature, entre texte et image dans la culture latino-américaine, ont plusieurs précédents historiques. Luis Camnitzer – artiste conceptuel pionnier et écrivain – a insisté sur l’importance de personnalités marquantes, devenues de véritables références : l’éducateur Simón Rodríguez – tuteur de Simón Bolívar au XIXe siècle, qui utilisait des dispositifs textuels formels comme autant d’outils de lutte et de résistance – ; les poètes concrets des années 1950, qui se servaient du mot écrit comme d’un élément visuel de leur travail ; ou l’influence culturelle plus générale d’écrivains tels que Jorge Luis Borges, Pablo Neruda ou Octavio Paz. 

Claudia Andujar
Marcados para, 2009
Diptyque composé de tirages jet d’encre
Courtesy Galeria Vermelho, São Paulo
© Claudia Andujar

Au-delà de cette longue tradition poétique qui a marqué la culture visuelle latino-américaine, la juxtaposition entre texte et image s’est avérée être un champ d’exploration particulièrement riche pour les artistes confrontés à d’importants bouleversements politiques et sociaux à partir des années 1960. Face aux gouvernements autoritaires, mus par un sentiment d’urgence, nombre d’artistes ont utilisé ce moyen pour s’exprimer et communiquer dans un tel contexte. En effet, si la photographie enregistre rapidement et fidèlement la réalité, le texte permet d’étendre ou de modifier le sens de l’image. A travers ces inventions formelles, les artistes ont cherché à rendre compte de la complexité et de la violence du monde qui les entourait, et, dans certains cas à déjouer la censure. Ainsi, l’artiste chilien Eugenio Dittborn crée dans les années 1980 des « peintures aéropostales » qui, pliées et envoyées à travers le monde, s’affranchissent de l’enfermement culturel du Chili de Pinochet. Figure de proue de la photographie brésilienne, Miguel Rio Branco, quant à lui, donne à voir avec une grande poésie les laissés-pour-compte d’une société à deux vitesses. 

Eduardo Villanes
Série Gloria evaporada, 1994
Tirage gélatino-argentique. Tirage d’époque
Collection de l’artiste, Lima
© Eduardo Villanes

Une diversité d'artistes et de pratiques

L’espace de liberté entre texte et image se fait le creuset d’une extrême diversité de modes d’expression et de reproduction, qui interroge la notion même d’Amérique latine. En quatre sections thématiques – Territoires, Villes, Informer-Dénoncer, Mémoire et Identités –, América Latina explore ainsi les multiples façons dont les artistes latino-américains, dépassant les techniques photographiques traditionnelles pour explorer leur monde, s’emparent d’une large gamme de médias tels que l’impression photo-offset, la sérigraphie et les collages, la performance, la vidéo et l’installation.

Ever Astudillo
Série Latin Fire, 1975-1978
Tirage gélatino-argentique. Tirage d’époque
Collection privée, courtesy Toluca Fine Art, Paris
© Ever Astudillo

Miguel Calderón
Sans titre (Rings), 2006
Tirage jet d’encre.
Courtesy de l’artiste et kurimanzutto, Mexico
© Miguel Calderón

L’artiste brésilienne Regina Silveira fait par exemple intervenir les stéréotypes communément accolés à l’Amérique latine dans To Be Continued… (Latin American Puzzle), oeuvre murale en forme de grand puzzle créée à partir d’images récupérées dans des magazines et des guides touristiques. Suivant une approche plus traditionnelle, le Vénézuélien Paolo Gasparini capture la cacophonie visuelle engendrée par la rapidité du développement urbain. Reproduisant de son côté des images issues de la presse populaire au moyen de l’impression, l’artiste argentin Juan Carlos Romero dénonce la violence frontale de la société argentine dans son oeuvre Violencia. Citons enfin une vidéo intitulée Bocas de ceniza (« Bouches de cendre »), du Colombien Juan Manuel Echavarría, portrait filmé d’hommes qui ont choisi de raconter en poésie et en chanson leur expérience personnelle de la violence de la guérilla.

Guillermo Deisler
Sans titre, 1977-1979
Collage à partir de coupures de presse et de photocopies
Courtesy Henrique Faria Fine Art, New York
© Guillermo Deisler

La découverte de voix singulières 

Afin de donner la parole à ces artistes exceptionnels, le photographe et réalisateur paraguayen Fredi Casco a voyagé à travers toute l’Amérique latine pour réaliser un film à valeur de document historique. Réalisés à l’initiative de la Fondation Cartier, ces quelque trente entretiens exclusifs offrent des portraits approfondis et personnels, proposant au visiteur de pénétrer dans l’univers créatif de chaque artiste. América Latina 1960-2013 permet ainsi de souligner les affinités entre les artistes à travers les pays et les générations tout en reflétant la diversité des langages visuels propre au sous-continent latino-américain. Avec plus de 500 oeuvres, elle témoigne de la vitalité de l’art latino-américain et de l’héritage significatif que nous laissent ces artistes, montrant leur influence au-delà de leur territoire culturel ou géographique. Plus particulièrement, la présence importante d’oeuvres venues du Pérou, de Colombie, du Venezuela ou encore du Paraguay, permet de découvrir des scènes artistiques situées en marge des trajectoires habituelles du monde de l’art contemporain. 

Facundo de Zuviría
Confitería, avenida de Mayo, 1987
Tirage chromogène. Tirage d’époque
Collection Fondation Cartier pour l’art contemporain, Paris
© Facundo de Zuviría

Commissariat de l'exposition : Ángeles Alonso Espinosa, Hervé Chandès, Alexis Fabry, Isabelle Gaudefroy, Leanne Sacramone et Ilana Shamoon

Le catalogue de l'exposition : L’ouvrage de référence sur la photographie latino-américaine avec plus de 500 reproductions couleur et noir et blanc. Textes de Luis Camnitzer, Olivier Compagnon et Alfonso Morales Carrillo.

Artistes de l'exposition
Elías ADASME (Chili), Carlos ALTAMIRANO (Chili), Francis ALŸS (Mexique), Claudia ANDUJAR (Brésil), Antonio Manuel (Brésil), Ever ASTUDILLO (Colombie), Artur BARRIO (Brésil), Luz María BEDOYA (Pérou), Iñaki BONILLAS (Mexique), Oscar BONY (Argentine), Barbara BRÄNDLI (Venezuela), Marcelo BRODSKY (Argentine), Miguel CALDERÓN (Mexique), Johanna CALLE (Colombie), Luis CAMNITZER (Uruguay), Bill CARO (Pérou), Graciela CARNEVALE et le Grupo de Artistas de Vanguardia (Argentine), Fredi CASCO (Paraguay), Guillermo DEISLER (Chili), Eugenio DITTBORN (Chili), Juan Manuel ECHAVARRÍA (Colombie), Eduardo Rubén (Cuba), Felipe EHRENBERG (Mexique), Roberto FANTOZZI (Pérou), León FERRARI (Argentine), José A. FIGUEROA (Cuba), Flavia GANDOLFO (Pérou), Carlos GARAICOA (Cuba), Paolo GASPARINI (Venezuela), Anna Bella GEIGER (Brésil), Carlos GINZBURG (Argentine), Daniel GONZÁLEZ (Venezuela), Jonathan HERNÁNDEZ (Mexique), Graciela ITURBIDE (Mexique), Guillermo IUSO (Argentine), Alejandro JODOROWSKY (Chili), Claudia JOSKOWICZ (Bolivie), Marcos KURTYCZ (Mexique), Suwon LEE (Venezuela), Adriana LESTIDO (Argentine), Marcos LÓPEZ (Argentine), Pablo LÓPEZ LUZ (Mexique), Rosario LÓPEZ PARRA (Colombie), LOST ART (Brésil), Jorge MACCHI (Argentine), Teresa MARGOLLES (Mexique), Agustín MARTÍNEZ CASTRO (Mexique), Marcelo MONTECINO (Chili), Oscar MUÑOZ (Colombie), Hélio OITICICA (Brésil), Damián ORTEGA (Mexique), Pablo ORTIZ MONASTERIO (Mexique), Leticia PARENTE (Brésil), Luis PAZOS (Argentine), Claudio PERNA (Venezuela), Rosângela RENNÓ (Brésil), Miguel RIO BRANCO (Brésil), Herbert RODRÍGUEZ (Pérou), Juan Carlos ROMERO (Argentine), Lotty ROSENFELD (Chili), Graciela SACCO (Argentine), Maruch SÁNTIZ GÓMEZ (Mexique), Vladimir SERSA (Venezuela), Regina SILVEIRA (Brésil), Milagros DE LA TORRE (Pérou), Susana TORRES (Pérou), Sergio TRUJILLO DÁVILA (Colombie), Jorge VALL (Venezuela), Leonora VICUÑA (Chili), Eduardo VILLANES (Pérou), Luiz ZERBINI (Brésil), Facundo DE ZUIVIRÍA (Argentine).

Fondation Cartier pour l'art contemporain

November 20, 2013

Photoquai 2013 : beau bilan de PHQ4

Beau bilan pour PHQ4 - Photoquai 2013

Photoquai 2013 
(c) Courtesy musée du quai Branly, Paris 

PHOTOQUAI ou PHQ4, 4ème biennale des images du monde présentée en libre accès, de jour comme de nuit, sur les quais de la Seine longeant le musée du quai Branly, ainsi que dans son jardin, a accueilli 527.582 visiteurs entre le 17 septembre et le 17 novembre 2013 ; avec une moyenne de 8509 visiteurs par jour ; soit une augmentation de 22% par rapport à l’édition précédente.

Fort du succès de cette 4ème édition rassemblée sous le slogan « Regarde-moi ! », dont la qualité de la sélection photographique a une fois de plus été saluée par le public comme par les professionnels, PHOTOQUAI confirme sa place parmi les événements photographiques incontournables en France et à international. 

Selon Stéphane Martin, président du musée du quai Branly : « Depuis 2007 et la création de PHOTOQUAI, le musée du quai Branly a mis en place un travail de fonds autour de la photographie contemporaine, révélateur des usages du monde. Le succès public de cette 4ème édition conforte le musée dans sa démarche d’accompagnateur de jeunes talents. »

Photoquai 2013 
(c) Courtesy musée du quai Branly, Paris 

En exposant près de 400 oeuvres de 40 photographes issus de 29 pays non occidentaux d’Amérique du Sud et centrale, Asie, Océanie, Afrique, Proche et Moyen-Orient, Russie, cette 4ème édition a poursuivi la mission fondatrice de PHOTOQUAI : faire découvrir de nouveaux artistes dont l’oeuvre demeure inédite ou peu connue en Europe, et susciter des échanges et des croisements de regards sur le monde.

Depuis la 1ère édition en 2007, 1471 photos de 202 photographes issus de 61 pays ont été exposées sur les quais longeant le musée du quai Branly ainsi que dans son jardin.

Le dispositif de PHQ4 est également complété au sein du musée par l’exposition NOCTURNES DE COLOMBIE, Images contemporaines, présentée en Mezzanine Ouest jusqu’au 2 février 2014 sous le commissariat de Christine Barthe, responsable des collections photographiques. L’exposition rassemble les oeuvres de quatre artistes colombiens contemporains majeurs : Juan Manuel Echavarría (Medellin, 1947), José Alejandro Restrepo (Bogotá, 1959), Miguel Ángel Rojas (Bogotá, 1946) et Oscar Muñoz (Popayan, 1951). 

Photoquai 2013 
(c) Courtesy musée du quai Branly, Paris 

Depuis l’ouverture de NOCTURNES DE COLOMBIE, 2 artistes de la sélection ont reçu des prix prestigieux : Oscar Muñoz a reçu le prix du Prince Claus, distinction internationale qui honore des artistes et personnalités d’excellence dans les domaines de la création et du patrimoine culturel ; José Alejandro Restrepo, le prix national Luis Caballero, emblématique pour l’art contemporain en Colombie.

L’engagement du musée du quai Branly en faveur de la photographie contemporaine non européenne se poursuit également tout au long de l’année avec les RESIDENCES de PHOTOQUAI. Elles permettent depuis 2008 à des artistes de réaliser un projet de création photographique, dans le cadre d’une résidence « hors-les-murs » dans un pays de leur choix.

Photoquai 2013 
(c) Courtesy musée du quai Branly, Paris 

Une sélection des travaux de 5 lauréats de ce programme sont présentés dans l’Atelier Martine Aublet jusqu’au 26 janvier 2014 : Hugo Aveta (Argentine), Sammy Baloji (République démocratique du Congo), João Castilho (Brésil), Fiona Pardington (Nouvelle-Zélande) et Cinthya Soto (Costa Rica).

Véritable révélateur de jeunes talents photographiques, ce programme a permis au musée d’enrichir ses collections des oeuvres photographiques de 14 artistes résidents. Elles complètent la collection de 700.000 photographies patrimoniales et contemporaines du musée. 

Pour la première fois cette année, la biennale PHOTOQUAI s’est poursuivie dans les stations de métro du 22 octobre au 11 novembre, en partenariat avec la RATP qui inaugurait ainsi son rendez-vous photographique annuel « La RATP invite… ». 40 photographies – une image inédite pour chaque artiste de la sélection 2013 – ont été exposées dans 8 stations de métro, offrant ainsi la possibilité à un plus large public de découvrir les oeuvres des 40 photographes.

Cette nouvelle collaboration vient enrichir la liste des partenariats noués par PHOTOQUAI au fil des éditions. Cette année, huit acteurs majeurs de la photographie et de l’art contemporain à Paris se sont associés à la biennale : Albert-Kahn, musée et jardin, la Fondation Cartier pour l’art contemporain, la Galerie baudoin lebon, la Galerie Clémentine de la Féronnière, la Maison de l’Amérique latine, la Maison Européenne de la Photographie, Masasam - Central Dupon Images et Polka Galerie. 


Le nouveau site internet www.photoquai.fr créé en responsive web design et conçu comme une base de données de référence sur les 4 éditions de PHOTOQUAI (l’intégralité des travaux depuis la création de PHOTOQUAI sont présentés) a été consulté par des visiteurs provenant de 154 pays.

En complément du site web, une application iPhone développée en partenariat avec GOBELINS l’école de l’image a été proposée gratuitement aux visiteurs pour préparer leur venue ou pour suivre, dans PHOTOQUAI, des visites thématiques ou des parcours enfants tout en partageant leur coup de coeur.

PHOTOQUAI était également présent sur les réseaux sociaux.

La page Facebook PHOTOQUAI, lancée le 06/04/13, avait attiré 1421 fans le 16/09, à la veille de l'ouverture. Pendant les deux mois d’exploitation, le nombre de fans a doublé : 3355 personnes suivent désormais PHOTOQUAI sur Facebook.

La playlist YouTube dédiée à l’événement, où sont présentées les interviews de 20 photographes, la bande-annonce ou le teaser réalisé par Frank Kalero, a enregistré près de 10.000 vues cumulées.

Le hastag # PHOTOQUAI a été repris très régulièrement sur Twitter.

Le succès de ces outils de communication a multiplié la portée internationale de PHOTOQUAI : pour les 202 photographes présentés dans le cadre de la biennale depuis 2007, 

PHOTOQUAI joue un rôle de tremplin. Cet événement leur offre l’opportunité de multiplier leur notoriété auprès des professionnels et du grand public. Leur présence lors de la semaine d’ouverture leur permet également de tisser des liens avec des artistes, galeristes et commissaires, entretenus par de nombreux contacts et échanges sur les réseaux sociaux. 

CATALOGUE DE L’EXPOSITION PHOTOQUAI 2013
Coédition musée du quai Branly / Actes Sud
170 illustrations - 232 pages-  27€
Catalogue bilingue

November 19, 2013

Seydou Cissé, Toguna, Galerie Duboys, Paris

Seydou Cissé : Toguna
Galerie Duboys, Paris
12 décembre 2013 - 11 janvier 2014

SEYDOU CISSE, Toguna, 2010
Vidéo installation*
Image Courtesy Galerie Duboys, Paris

La galerie Duboys présente les oeuvres du vidéaste et peintre SEYDOU CISSE (né en 1981 au Mali), dont sa vidéo « Toguna », une production du Fresnoy, réalisée avec le soutien de l’Institut Français et de la Mairie de Paris.

« J’ai toujours eu envie de peindre avec la lumière ». Quand d’autres essayent de peindre la lumière, Seydou Cissé entend peindre avec elle.

« Toguna » est le titre de cette exposition du nom de la case à palabre construite au centre des villages Dogons où se rassemblent les sages. Case ouverte au simple toit soutenu par de courts piliers et recouvert d’une impressionnante couverture de paille, accumulation de fines couches des récoltes de l’année, mémoire d’un geste renouvelé sur des décennies, des siècles.

La sculpture/ installation « Toguna » de Seydou Cissé est ici un écran de paille sur son piètement sculpté, le support d’images vidéo d’une cérémonie rituelle intime et secrète. Il fait nuit, ombres multiples, silhouettes de Kanaga blancs qui se balancent et se dressent, rythmes, éclairs, envoûtement d’un monde incrusté dans la paille et l’histoire du pays Dogon. Ces images sont comme des ponts qui nous remettent en mémoire les meules de Monet, l’écriture de Twombly, les accumulations peintes d’Eugène Leroy, l’épaisseur d’une picturalité fugitive, humaine et universelle.

Prolongeant « Toguna » et ses images fugitives, Seydou Cissé peint la paille, note les formes et les écritures de lumières issues des cérémonies dont il fut acteur. Il fixe le souvenir des personnages, masques, mémoire et épaisseur de l’impalpable.

Seydou Cissé est sensible aux mystères des sciences occultes dans la société traditionnelle africaine. Il les explore dans ses créations et aborde un questionnement sur la relation entre l’animisme et la vidéo d’animation. Dans son film « Faraw Ka Taama », présenté au Palais de Tokyo, il raconte une légende malienne sur fond de construction du pont de Markala pendant la colonisation.

Seydou Cissé, artiste malien, a été sélectionné par le Studio National des Arts Contemporains à Tourcoing, Le Fresnoy en avril 2010, après voir fait ses études en arts plastiques au Conservatoire des Arts de Bamako- Mali. Il aborde le questionnement sur l’image et sa structuration, le mouvement et la construction en peinture et vidéo. Seydou Cissé explore divers medias et supports comme la vidéo, la photographie, la peinture et la sculpture, avec comme support principal la paille qui sert de lien.

*Toguna : Vidéo installation, projection sur paille, vidéo HD 5mn,16/9. Diaporama photos 30 mn HD 16/9. 2010. Production: Fresnoy-Studio national des arts contemporains, avec le soutien de l’Institut Français et de la Mairie de Paris. 

GALERIE DUBOYS
Contemporary Art Paris
6, rue des Coutures Saint-Gervais - 75003 Paris
www.galerieduboys.com

November 17, 2013

Expo Noëlle Koning et Benloy, Galerie Duboys, Paris

Noëlle Koning et Benloy
Galerie Duboys, Paris
Jusqu'au 7 décembre 2013

NOELLE KONING et BENLOY, une peintre et une photographe. Intensité colorée en regard à la retenue du noir et blanc, deux créations qui se répondent.

Les toiles de Noëlle Koning séduisent et peuvent rejeter tant l’intensité colorée y est prenante. Il faut se laisser envelopper dans l’espace qui nous sépare de la surface de ses toiles pour découvrir un univers aux ambiances familières qui n’est pas sans rappeler l’intimité de Bonnard et Vuillard en y joignant l’expressionnisme du nord ! Lumière et matière puis déchirures et compositions qui lentement viennent à nous.

Pour les photographies de Benloy, c’est dans l’image qu’il faut se glisser pour y vivre l’intimité des expériences, des climats et des regards. Des instants furtifs dont il a pu nous arriver d’être les témoins et que Benloy a le talent de saisir et figer hors de la course du temps.

Noëlle Koning

NOELLE KONING
Oswald court toujours (Oswald still running), 2012/2013
Acrylique et pastels à l’huile sur papier, 205 x 200 cm
Courtesy Galerie Duboys, Paris

Il y a d’abord l’effervescence des couleurs et des signes, mais il ne faut pas s’arrêter à ce stade au risque de rester à la surface de l’oeuvre. Il faut entrer dans son univers et accepter de voyager.
Noëlle Koning travaille dans un espace clos au centre d’un atelier baigné de lumière et de souvenirs. Elle s’y agenouille au milieu d’accumulations de papiers déchirés peints dans le temps, qu’elle explore, interroge et organise sur sa toile. Elle trouve, retire, cherche des moments de vie qu’elle surprend et comprend peut-être. Elle se fond dans sa matière, à la recherche d’une composition qui se dévoile tout en légèreté, et équilibre fragile.
Papiers déchirés, en rupture avec le plaisir de peindre des surfaces sans texture, des taches et rythmes colorées. Tout un rite, Noëlle Koning entre dans le temps et les souvenirs, une lutte et un plaisir.

Artiste peinte, Noëlle Koning vit et travaille à Bruxelles (Belgique)
La Cambre, Bruxelles,
Lauréate Prix Jeune Peinture Belge en 1985 et 1986.
Lauréate de la Fondation SPES (Projet Australie) en 1996,
Lauréate de la Fondation SPES en 2001.

Benloy

BENLOY
Le cheval de manège, 1993
Tirage argentique sur papier baryté Ilford, 40x50cm
Courtesy Galerie Duboys, Paris

Les photographies de Benloy abordent des thèmes simples: enfants, paysages, portraits. Elle y parle de l’humain et du sensible, d’expériences vécues, nous propose des photos éloignées des effets et des modes. Personnage tout en discrétion, elle regarde, puis aborde précisément les sujets, efficace et silencieuse. Actrice, elle entre dans le sujet sans s’imposer et sait transformer l’image en un dialogue. Benloy a un rapport intime avec ses photos et ses préoccupations sont proches de celle du peintre, il lui faut comprendre le sujet puis elle y ajoute le faire et le plaisir de la matière en développant ses travaux. Benloy s’arrête sur des événements et des instants pour en offrir des images qui nous envoûtent lentement, réalisent nos rêves.

Photographe et comédienne, "Benloy" vit et travaille à Montreuil.
Cours Véra Gregh
ENSATT rue Blanche Paris
Conservatoire Royal de Liège

GALERIE DUBOYS
Contemporary Art Paris
6 rue des Coutures Saint-Gervais - 75003 Paris
www.galerieduboys.com

November 16, 2013

Candida Höfer, Düsseldorf Exhibition, Museum Kunstpalast

Candida Höfer: Düsseldorf
Museum Kunstpalast, Düsseldorf, Germany
Through 9 February 2014 


For the first time, Museum Kunstpalast is showing an overview exhibition of CANDIDA HOFER, comprising approximately 70 works created exclusively in Dusseldorf in the course of 40 years. The presentation includes large-scale individual works, work groups, projections and an early film by the artist, which she shot jointly with Tony Morgan in the Düsseldorf ice cream parlour Da Forno in 1975. Most of the works have never been shown to the public.

Candida Höfer work is closely linked with the city of Düsseldorf. It was here where her first solo exhibition was staged in a gallery, and here she came across new and very different motifs time and again ever since she began to study with Bernd Becher at the Academy of Art. 
"Düsseldorf" stands for beginnings. But it is not only about the work of that time, "Düsseldorf" also shows th ways in which I work today. So it is about work back then and work today. It is about change -- Candida Höfer.
Candida Höfer’s oeuvre is characterised by cool objectivity, a keen interest in structures and order in public spaces, and by a precise grasp of details. Apart from large-scale interiors, such as the Düsseldorf Opera Deutsche Oper am Rhein and Schauspielhaus theatre, or the photographs of the interiors of a number of art institutions, such as Museum Kunstpalast or the Julia Stoschek Collection, the exhibition also shows pictures from her first photographic series Turks in Germany. 

As regards the development of Candida Höfer’s work, some of her recent works are illuminating, such as the pictures of the Neue Stahlhof, which point towards a new, more abstract direction. While in the past the artist most frequently revealed correlations in her pictures, she today concentrates on an individual object, such as a staircase, on which she put a spotlight.

While Candida Höfer initially chose a hand camera and accepted that blurring occurred, she today uses a digital large-format caméra, which requires long exposure times, but offers a wealth of image editing options. She takes décisions regarding the work's size, colours and choses whether it remains an individual picture or is integrated into a series.

Like Andreas Gursky, Axel Hütte, Tata Ronkholz or Thomas Struth, Candida Höfer is part of the internationally renowned "Dusseldorf School of Photography". Candida Höfer's large-format architectural photographs have been widely shown, including the documenta in Kassel, the Venice Biennial, and in numerous solo exhibitions in Europe, Asia and the USA.

Candida Höfer, who lives and works in Cologne, completed a traineeship in the renowned photographie studio Schmölz-Huth from 1963 until 1964 and subsequently studied artistic photography with Arno Jansen at the Kölner Werkschule until 1968. Having worked in Werner Bokelberg's photographie studio, she resumed studies in 1973 with Ole John in the film class of the Dusseldörf Academy of Art. Here, she subsequently studied with Bernd Becher from 1976 until 1982.

From 1997 until 2000 Candida Höfer was Professor of Photography at the Hochschule für Gestaltung Karlsruhe. She is member of the Freie Akademie der Künste Hamburg and of the North Rhine-Westphalian Academy of Sciences, Humanities and the Arts in Düsseldorf. 

Catalogue 
Accompagnying the exhibition, a comprehensive 192 pages catalogue in German and English is published by Richter|Fey Verlag, with contributions by Lothar Baumgarten, Benjamin H. D. Buchloh, Fanni Fetzer, Friedrich Wolfram Heubach, Candida Höfer, Gabriele Hofer-Hagenauer, Erika Krugel, Gunda Luyken, Michael Oppitz and Friedemann von Stockhausen. 

Special edition 
On occasion of the exhibition two photographs dated 2011 are released as a special edition: Benrather Schloss IV 2011 and Dreischeibenhaus Düsseldorf IV 2011. 

Stiftung Museum Kunstpalast 
Kulturzentrum Ehrenhof, Ehrenhof 4-5, 40479 Düsseldorf, Germany
www.smkp.de

Related Post: Candida Höfer at Galleria Borghese, Rome



November 14, 2013

Expo Thomas Salet, Galerie Frédéric Lacroix, Paris

Thomas Salet, pour une grammaire poétique 
Galerie Frédéric Lacroix, Paris 
11 janvier - 26 février 2014 

THOMAS SALET
Courtesy Galerie Frédéric Lacroix, Paris

THOMAS SALET
Courtesy Galerie Frédéric Lacroix, Paris

A l’heure où j’écris ces lignes, l’exposition n’a pas de titre. Et c’est sans doute mieux ainsi car il s’agit avant tout de se laisser porter par l’oeuvre sans essayer de la contraindre. Regarder d’abord. L’interprétation viendra ensuite. Ce qui compte aux yeux de THOMAS SALET, c’est de proposer un état de sa recherche, sans cesse en cours de réalisation, un état des lieux constitué de reliefs aux cimes desquels le spectateur imaginera le paysage qui lui plaira. Les différentes séries dialoguent à travers le temps. Ainsi, des grandes tables présentent une multitude de sculptures, petites et grandes, qui semblent posées pêle-mêle ; mais ce désordre et cet encombrement ne sont qu’apparence. On croit à des formes en plâtre, poreuses, fraîches encore. Fragiles certainement. On est tenté d’approcher la main, de toucher, de caresser ces peaux blanches qui ne sont autres que de la céramique. Les formes sont-elles organiques ? Des viscères et des coraux ? Des cavités venant des profondeurs de la Terre ou plutôt échappées d’études scientifiques sur l’ADN ? On ne le saura jamais. Ce sont des bulbes, des crânes d’une stylisation désarmante, des floraisons, des mécaniques molles et biomorphiques, des organismes inconnus qui se connectent et s’agrègent.
Plus loin, la feuille blanche abrite des constellations, des formes géométriques retenues entre elles par du fil à coudre. L’artiste ouvre l’espace à l’infini, comme peut l’être celui du ciel étoilé un soir d’été, que l’on ne pourra jamais embrasser d’un seul coup d’oeil.
C’est tout un système galactique qui prend forme, à moins que ce soit un réseau veineux. Il y a là quelque chose de labyrinthique, mais étrangement, sans errance aucune. Car c’est bien la présence humaine ou anthropomorphe, en filigrane, qui sert de fil d’Ariane : Thomas Salet pique d’aiguilles des empreintes de mains après les avoir soigneusement détourées et invente de petits « porteurs » existentiels.
C’est à Arp que l’on pense. Ou à l’opposé, aux modules géodésiques et architecturaux d’un Buckminster Fuller. Mais c’est le japonisme d’une pratique qui prend son temps, tout en nuances céladons, qui l’emporte. L’encre se dépose. Le papier boit. Les silhouettes apparaissent à la surface.
          Léa Bismuth

Léa Bismuth est critique d’art, membre de l’AICA. Elle écrit notamment dans Artpress depuis 2006 et est aussi commissaire d’exposition indépendante.

Thomas SALET, né en 1972, vit et travaille à Paris.

Galerie Frédéric Lacroix
13, rue Chapon - 75003 Paris
www.galeriefredericlacroix.com

Expo Rodolphe Delaunay, Galerie Frédéric Lacroix, Paris

Rodolphe Delaunay : Les Lois du mouvement et du repos 
Galerie Frédéric Lacroix, Paris 
Jusqu'au 21 décembre 2013

RODOLPHE DELAUNAY
Courtesy Galerie Frédéric Lacroix, Paris

RODOLPHE DELAUNAY explore, dans son travail, les relations qu’entretiennent les sciences et certaines traditions populaires. Ses sculptures, films et installations trouvent souvent leur origine dans une lecture de l'Histoire des sciences. 

« Paradoxalement, mon intérêt pour les sciences provient de mon incapacité à les comprendre proprement et de la distance qui me sépare de mon sujet. J'essaie de reproduire cette distance dans mon travail, confrontant objets ou attitudes du quotidien et concepts scientifiques ; je tente de soulever des questions sur nos modes de perceptions du monde. » 

Une interprétation toute subjective de phénomènes physiques nous entraine dans une expérience collective de ces mêmes phénomènes sous l’angle de l’imaginaire lié au langage scientifique. 

Par de petits dérèglements, l’artiste opère une subtile manipulation d’objets et de formes existants et nous suggère avant tout d’observer. 

Le titre de l’exposition est emprunté à un traité de physique du 18ème Siècle de Pierre Louis Moreau de Maupertuis, l'un des premiers défenseurs français des théories Newtoniennes. 

RODOLPHE DELAUNAY, né en 1984, vit et travaille à Paris. Il a notamment participé en 2011 à l’exposition « Le monde physique », à la Galerie, Centre d’art contemporain, Noisy-le-Sec; en 2012, à l’exposition de groupe « Sans commune mesure », Galerie Bertrand Grimont, Paris ; en 2013, exposition personnelle au Centre d’art ICA@Current Gallery, Baltimore, USA. En 2014, il prendra part, au Fresnoy, à l’exposition « LUX ! », commissariat M. Nuridsany. Collections publiques : FMAC Paris et FRAC Haute-Normandie. 

Galerie Frédéric Lacroix
13, rue Chapon - 75003 Paris
www.galeriefredericlacroix.com

November 12, 2013

Indianapolis Museum of Art's Contemporary Design galleries

Indianapolis Museum of Art's new Contemporary Design galleries

The Indianapolis Museum of Art has announced that it will open new contemporary design galleries November 21, 2013, after a three-year, multi-phase renovation project. The reinstallation of the Museum’s expanded collection of modern design will span nearly 10,000 square feet and will feature more than 400 objects. Unlike most design installations, the IMA’s will focus on design after 1980—a period of immense growth and creativity. The galleries will be based on the two overarching concepts: design as industry and design as art. The new installation will be one of the largest displays of contemporary design in any North American art museum and one of the first surveys of recent trends in this dynamic field. 

The IMA's Department of Design Art was created in 2007 and focuses on a collection of post-1945 design, representing a wide range of media, including furniture, glass, ceramics, metalwork, and product design from Europe, the US, and Asia. Over the last six years under the leadership of R. Craig Miller, senior curator of design arts, the department has acquired more than 1200 objects. Notable designers in the collection include Charles & Ray Eames, Hans Wegner, Eero Saarinen, Ettore Sottsass, Robert Venturi, Michael Graves, Philippe Starck, Ron Arad, Jasper Morrison, Hella Jongerius, the Bouroullec Brothers, and Konstantin Grcic.

The new IMA's design arts galleries will feature a tripartite space linked by a dramatic 180-foot-long vista. 

- The entrance gallery will be an introductory space that will showcase recent acquisitions or small special exhibitions and will also provide visitors with an orientation of the entire installation.

- The second, transitional gallery will concisely illustrate the history of modern design from 1945 to 1980 using highlights from the IMA’s collection. Through the display of a wide range of works, from Modernist chairs designed by Charles and Ray Eames to a Postmodernist sculptural piece in the shape of a foot by Gaetano Pesce, this gallery’s installation will demonstrate the enormous changes in design technologies and materials that took place in the decades following World War II. As the demand for modern furnishings rose, designers responded by utilizing emerging technologies and new materials such as plastics and polyurethane to create enticing and innovative forms. 

- The main gallery, consisting of approximately 9,000 square feet, will present the Museum’s collection of contemporary design from 1980 to the present. An important goal of the new installation is to present modern design in an innovative conceptual and visual manner. The new galleries will allow the visitor to experience the evolution of contemporary design stylistically or chronologically depending on how the visitor chooses to move through the gallery. The layout will juxtapose three larger stylistic movements —Modernism, Expressionism, and Postmodernism— against three generations of designers representing the 1980s, 1990s, and 2000s. The installation will also feature an architectural treatment of space employing a matrix of articulated bays defined by a coffered ceiling, free-standing walls, floating platforms, and dramatic cantilevered wall cases. The gallery will present masterpieces by established designers such as Ettore Sottsass, Frank Gehry, and Achille Castiglioni, alongside objects by emerging artists such as Tord Boontje, Konstantin Grcic, and the Bouroullec brothers. The installation will demonstrate for visitors the complexity of ideas and the variety of movements that have characterized this contemporary era of design. The new galleries are designed by Phil Lynam and Lara Huchteman of the IMA’s Design Studio, in association with Jeff Daly, formerly Senior Design Advisor to the Director of The Metropolitan Museum of Art. 

INDIANAPOLIS MUSEUM OF ART - IMA 

November 10, 2013

Ham Jin exhibition at Doosan Gallery New York

Ham Jin: Unseen 
DOOSAN Gallery New York 
November 14 - December 21, 2013 

DOOSAN Gallery New York announces korean artist HAM JIN’s solo exhibition Unseen. This exhibition will comprise of approximately fifty miniature sculptures from a recent series, all created using black polymer clay. 

Ham Jin’s installations of miniature sculptures constructed with materials such as collected dust particles, polymer clay, and dead insects satirize the contemporary condition of individuals trapped in the world of their own making. For his recent works, he employed only black polymer clay due to the material’s lightness and flexibility, which gave immediate form to Ham’s ideas, while limiting the color palette allowed him to focus on the forms and structures, and the properties of the material itself. 

Unseen denotes both that the works require up-close viewing to really see, as well as that the process of construction itself is not readily apparent to the viewer. In the recently finished Untitled series, abstract black sculptures appear as if they are black dots dispersed and floating inside the starkly white exhibition space. However, upon closer inspection, human faces emerge out of unidentifiable organisms, or in the urban series, New York City's buildings are standing aligned in rows, and sceneries that the artist directly saw and experienced are all part of Ham’s work. As in a poem where one word or one line could be interpreted and understood in countless ways, so is the nature of Ham Jin’s works.  
  
In this exhibition, Ham Jin’s intricate sculptures will provide a stimulating and pleasurable viewing experience that will occasion the opportunity to witness the artist’s unique vision and wit, along with the insight into another aspect and look at Korean contemporary art

HAM JIN (b. 1978) received a BFA in Sculpture from Kyungwon University. He has had solo exhibitions at pkm Gallery (2012/2011/2004, Seoul, Korea), Miki Wick Kim Contemporary Art (2008, Zurich, Switzerland), and Aomori Contemporary Art Centre (2007, Aomori, Japan). His works also have been included at Minsheng Art Museum (2010, Shanghai, China), Espace Culturel Louis Vuitton (2008, Paris, France), Rodin Gallery (2008, Seoul, Korea), Venice Biennale (2005, Venice, Italy), Mori Art Museum (2005, Tokyo, Japan), and de Appel Arts Centre (2003, Amsterdam, Netherlands). 

DOOSAN Gallery New York 

Expo Peter Soriano, Galerie Jean Fournier, Paris

Peter Soriano : Panorama 
Galerie Jean Fournier, Paris 
21 novembre 2013 - 4 janvier 2014

La galerie Jean Fournier présente Panorama, une exposition des œuvres récentes de PETER SORIANO sous la forme d’un dialogue entre une peinture murale monumentale et un ensemble inédit d’oeuvres sur papier.

L'année 2012 constitue un tournant dans l’œuvre de Peter Soriano. L’artiste délaisse les câbles en acier, les tuyaux en aluminium et les lignes et symboles peints à la bombe utilisés ces dernières années. Il en résulte un travail plus dépouillé mais également plus complexe. « Le travail a été réduit à son essence : les éléments en trois dimensions ont été aplatis et fusionnés avec la peinture sur le mur. Plus complexe parce qu’une fois réduite, l’œuvre peut être plus difficile à comprendre, sans les fils et les câbles. La relation entre l’œuvre et l’espace qu’elle occupe devient moins tangible, plus théorique. (Peter Soriano, décembre 2012)

Pour cette exposition, Peter Soriano réalise une grande peinture murale spécifiquement conçue pour la galerie. Cette œuvre reproduit ce que l’artiste voit depuis son atelier dans le Maine dont la fenêtre surplombe quatre rochers escarpés, rochers que l’on retrouve régulièrement dans la composition sous la forme de quadrilatères aux formes irrégulières. Pour l’artiste, ces œuvres murales sont considérées comme des paysages, donnant ainsi à l’exposition son titre, Panorama.

Les éléments peints à la bombe, plus déliés, entrent en contraste avec les tracés réguliers des quadrilatères et des rectangles, les flèches guidant le regard du spectateur. Ces lignes de peinture fines et nettes suggèrent des espaces en trois dimensions.

Peter Soriano détaille toutes les instructions nécessaires à la réalisation de l’œuvre dans un document autonome à sa présentation offrant ainsi une « spontanéité guidée ». L’artiste compare parfois ses pièces à des partitions musicales, certains détails étant laissés à la discrétion et l’imagination de celui qui reproduit l’oeuvre.

Le regard se laisse guider pour découvrir peu à peu le « panorama » lequel, telle une phrase se déployant le long du mur de la galerie, conduit jusqu’à l’espace sous la verrière de la galerie. Dans les oeuvres sur papier, autonomes et réalisées en écho de la peinture murale, on retrouve les lignes, flèches, cercles, annotations, zones d’ombres mais également des éléments plus figuratifs. Sur des feuilles de papier Japon superposées et pliées aux bords irréguliers, Peter Soriano traduit ici ce que son œil voit et le mouvement que celui-ci fait lorsque l’artiste laisse errer son regard dans l’espace retranscrit, souvent des lieux de vie ou de l’atelier. Ces oeuvres sont désignées comme des dessins « sites ».

Les œuvres sur papier présentent une palette de couleur plus variée grâce au recours de techniques diverses. La peinture à la bombe côtoie la mine de plomb et l’aquarelle. Les signes graphiques, les lignes, les lettres rappelant le titre de l’exposition, les traces de pliage des feuilles de papier traduisent l’ensemble des mouvements opérés par le regard de l’artiste.

Ainsi, l’exposition Panorama présente un ensemble d’œuvres où l’œil se fait moteur, du regard créatif de l’artiste jusqu’aux déplacements du spectateur.

A l’occasion de l’exposition, publication d’un dépliant conçu par l’artiste. 

Galerie Jean Fournier 
22, rue du Bac, 75007 Paris 

November 9, 2013

Expo Poliakoff, Musée d'art moderne de la Ville de Paris

Serge Poliakoff, Le rêve des formes
Musée d’Art moderne de la Ville de Paris
Jusqu'au 23 février 2014

Le Musée d’Art moderne de la Ville de Paris consacre au peintre abstrait SERGE POLIAKOFF (1900-1969) une importante rétrospective de 70 peintures et de nombreuses œuvres sur papier réalisées entre 1936 et 1969

Depuis 1970, aucune exposition parisienne de grande ampleur n’a été consacrée à cet artiste majeur de l’Ecole de Paris, soutenu par les plus grands historiens de l’abstraction (Charles Estienne, Michel Ragon, Dora Vallier) et qui, par l’intermédiaire de ses marchands (Denise René, Dina Vierny), a su éveiller l’intérêt de nombreux collectionneurs privés. 

Le parcours de l’exposition est conçu comme un cheminement s’organisant en plusieurs séquences autour d’œuvres-clés. Depuis ses années de recherches et la période de l’après-guerre –lorsqu’il appartient à l’avant-garde de la peinture abstraite, expose dans divers salons,attire l’attention de Kandinsky– jusqu’aux dernières peintures d’une modernité épurée (1968-1969). 

Comme tous les artistes de l’abstraction intégrale, Serge Poliakoff explore les relations entre la ligne et la surface, le fond et la forme, la couleur et la lumière. L’apparente unité formelle de ses œuvres dissimule en réalité une multiplicité de solutions picturales que le parcours de l’exposition rend lisibles. Les couleurs concentrées, la vibration de la matière, tout comme l’agencement savant des formes qui s’équilibrent dans une tension énergique contenue, jouent ensemble un rôle capital. C’est cette lecture qui est proposée, montrant la singularité d’une approche particulièrement sensible et l’intense spiritualité d’une œuvre qui n’a d’autre objet que ce « rêve des formes en soi qui est le grand mystère à élucider de ‘l’abstrait’ » (Pierre Guéguen). 

Un accrochage dense de gouaches complète cette présentation, tandis que des projets de tissus, de vitrail et de céramiques mettent en relief les rapports féconds que Serge Poliakoff entretenait avec le décoratif. 

Enfin, l’exposition bénéficie d’un important appareil documentaire (photographies, archivesvisuelles et sonores) permettant d’appréhender la vie du peintre. Les débuts tumultueux d’un jeune émigré russe fuyant la Révolution, l’ambiance artistique d’après guerre ; et enfin, les années de succès, au cours desquelles ses œuvres attirent l’attention des personnalités du monde politique, de la mode et du cinéma (Yves Saint-Laurent, Greta Garbo, Yul Brynner, Anatol Litvak, etc.) mais aussi et surtout de la jeune scène artistique des années 1960 qui voyait en Serge Poliakoff un des peintres les plus radicalement modernes. 

Un catalogue, largement illustré et édité par Paris-Musées, est publié à cette occasion. Prix : 35 euros.

Directeur : Fabrice Hergott
Commissariat : Dominique Gagneux assistée d’Elodie Kuhn
Scénographie : Anne-Clémence Farrell

Musée d’Art moderne de la Ville de Paris 
11, avenue du Président Wilson, 75116 Paris
www.mam.paris.fr