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February 5, 2012

Exposition Musée Jean-Jacques Henner, Paris - De l'impression au rêve. Paysages de Jean-Jacques Henner


De l'impression au rêve. Paysages de Jean-Jacques Henner, Musée national Jean-Jacques Henner, Paris
Commissaire d'exposition : Marie-Hélène Lavallée
Jusqu'au 2 juillet 2012 

Jean-Jacques Henner, Vue du Cap 
Campanella depuis Capri, vers 1862
(c) RMN / Tony Querrec

Construite à partir de plus quatre-vingt-dix peintures et dessins sortis de ses réserves et restaurés, l'exposition De l'impression au rêve. Paysages de Henner au musée Henner à Paris propose au visiteur de découvrir dans cette authentique maison-atelier d'artiste, comment Jean-Jacques Henner (1829-1905) invente, au fil des années, sa peinture de paysage et son langage pictural. 

Alors qu'une partie des artistes de la deuxième moitié du XIX° siècle s'efforcent de témoigner de leur temps en empruntant leurs sujets dans la vie quotidienne et en utilisant des techniques novatrices, dites impressionnistes, Henner suit d'autres voies. Il construit un univers qui lui est propre où la réalité observée se transforme en vision onirique. Dès 1864, après cinq années passées comme pensionnaire à la Villa Médicis à Rome, il abandonne la peinture « d'après nature ».  Inspiré par les maîtres anciens, poètes ou peintres, il invente, en atelier, un paysage idéal. Nus bucoliques, nus idylliques, nymphes et autres naïades peuplent un paysage rêvé, celui de son Alsace perdue.

JEAN-JACQUES HENNER : L'ALSACE OBSERVEE, L'ALSACE REVEE
Jean-Jacques Henner puise ses premiers sujets dans son environnement immédiat (la route de Galfingen avec le vieux cerisier et la croix). Il porte d'abord son attention sur le rendu réaliste des détails qui caractérisent certaines scènes puis abandonne cette démarche. Les buissons, les arbres et les étangs observés dans la campagne alsacienne deviennent dès lors des formes colorées. Il s'attache plus volontiers à restituer des effets atmosphériques (Vallée de Munster, crépuscule après l'orage).

JEAN-JACQUES HENNER : LA FASCINATION DE L'ITALIE
En 1858, Jean-Jacques Henner obtient le Grand prix de Rome de peinture et passe cinq années comme pensionnaire à la Villa Médicis. L'Italie est, pour lui, une véritable révélation. Influencé par Pierre-Henri de Valenciennes (1750-1819) et Camille Corot (1786-1875), il s'exerce à restituer la réalité des toits, des maisons et des ruelles, des arbres et des rochers, des torrents, des montagnes et des volcans, de la mer sous des lumières différentes (Baie de Naples). S'imprégnant des jeux de lumière et des ombres portées, étudiant formes et volumes, il se constitue un véritable répertoire.

JEAN-JACQUES HENNER : L'ALSACE PERDUE, L'ALSACE SUBLIMEE 
A partir des années 1870 et jusqu'à la fin de sa vie, Jean-Jacques Henner peint de rares tableaux de paysage. Vue de Cernay, Alsace, dit de Troppmann Kinck  illustre parfaitement son traitement personnel de ce genre pictural. L'évocation est réduite à quelques motifs, un buisson, un étang, une prairie et quelques couleurs, brun, bleu, vert. Il confère à ce paysage pur, symbole de l'Alsace perdue et dont il rêve, un caractère immuable et intemporel. Il le peuple de nus féminins, nymphe ou naïade, qui empruntent des poses inspirées par Titien.  Intitulés Idylle ou Églogue, ces tableaux sont empreints d'une poésie qui a marqué les visiteurs des Salons comme Sarah Bernhardt : « Quand je m'arrête devant l'Églogue de M. Henner, je me repose devant ce calme, j'écoute cette musique et je m'enveloppe de poésie ». 

JEAN-JACQUES HENNER : LA RECHERCHE D'UN IDEAL 
Dans les années 1880, tout en répondant aux demandes nombreuses des amateurs et marchands en peignant  des variantes des tableaux appréciés au Salon, Henner poursuit ses recherches autour des compositions avec un seul nu féminin. Qu'ils s'intitulent Fontaine ou Source, ces tableaux semblent plus être des déclinaisons d'un seul et même sujet, une figure, debout ou assise, de profil, de face ou de dos réduite à une forme nacrée se détachant dans un ciel bleu. Il ne s'intéresse pas au sujet de ses tableaux: « Que m'importe le sujet dans un tableau ? Voyez telle œuvre. Qu'y a-t-il ? Deux taches blanches qui sont des femmes, sur une tache verte et une tache bleue, qui forment un fond d'arbres et un ciel. Où est le sujet ? ».

Henner résume ainsi sa démarche créatrice : « Je rêve quelque chose et je n'arrive pas à réaliser mon rêve; il faut trouver la forme et la couleur appropriée ».

LE MUSEE NATIONAL JEAN-JACQUES HENNER, PARIS

Situé dans le quartier de la plaine Monceau, l'hôtel particulier qui abrite aujourd'hui le musée consacré au peintre Jean-Jacques Henner (1829-1905) est à l'origine la demeure et l'atelier de Guillaume Dubufe (1853-1909). En 1921, les héritiers de Henner achètent l'hôtel particulier du 43 avenue de Villiers et le lèguent à l'Etat pour créer un « musée national à la mémoire de Jean-Jacques Henner » qui ouvre trois ans plus tard. Outre la donation fondatrice faite en 1923, la collection s'est enrichie grâce à de nombreux dons, donations et legs. Le musée d'Orsay a aussi consenti plusieurs dépôts importants, tels que Le Martyr de Saint Sébastien et Solitude. Entre janvier 2008 et juillet 2009, le musée Henner a entrepris, avec le soutien du ministère de la Culture et de la Communication, une importante rénovation de ses espaces. Cette première étape a permis d'améliorer les conditions d'accueil et d'accessibilité des visiteurs et de rendre à l'hôtel particulier un aspect le plus proche possible de celui qu'il avait à l'époque de Guillaume Dubufe. C'est ainsi que les murs du musée ont retrouvé leur polychromie d'origine. Il a ainsi pu ré-ouvrir en 2009.

En 2012-2013, le Musée national Jean-Jacques Henner s'engage dans une dernière tranche de travaux. L'objectif est d’ouvrir au public plusieurs espaces inexploités, notamment une salle à péristyle et un rare jardin d'hiver.

Commissariat d'exposition : MARIE-HELENE LAVALLEE, directrice du Musée national Jean-Jacques Henner

Musée national Jean-Jacques Henner 
43 av. de Villiers, 75017 Paris

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