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January 2, 2011

Nouvelle exposition au BAL Paris : 5 étranges albums de famille

Exposition : 5 étranges albums de famille
Alessandra Sanguinetti, Emmet Gowin, Erik Kessels,
Ralph Eugène Meatyard, Sadie Benning
Le BAL, Paris
14 janvier - 17 avril 2011

 

allessandra_sanguinetti

ALESSANDRA SANGUINETTI, Camila, 1999. From the series The Adventures of Guille and Belinda and the Enigmatic Meaning of their Dreams. Cibachrome Print © Alessandra Sanguinetti, Courtesy Yossi Milo Gallery, New York

 

Nouvelle exposition de qualité au BAL avec la présentation d'oeuvres de cinq artistes autour d'images documentaires de l’intimité, de la proximité, de la quotidienneté personnelle et familiale et du caractère étrange qu’elles peuvent revêtir. Avec Cinq étranges albums de famille, le nouveau lieu dédié à l’image – photographie, cinéma, vidéo – dans le 18ème arrondissement de Paris, poursuit dans la lignée de la précédente exposition (inaugurale) Anonymes, en faisant preuve d'originalité tout en présentant des travaux qui devraient séduire un large public. Avec une telle programmation, le BAL s'installe un peu plus dans l'espace artistique parisien et répond efficacement à l'intérêt croissant pour les oeuvres photographiques. L'exposition est présentée pendant trois mois jusqu'à la mi-avril 2011.

ALESSANDRA SANGUINETTI

The Adventures of Guille and Belinda and the Enigmatic Meaning of their Dreams (1999-2010)

Née en 1968 à New York de parents argentins, Alessandra Sanguinetti a passé une grande partie de son enfance dans la ferme de son père en dehors de Buenos Aires. En 1999, elle initie un travail photographique avec deux jeunes cousines, Guille et Belinda, alors âgées de neuf et dix ans, dans leur environnement rural familial, à 300 kms de Buenos Aires. Au fil du temps, elles vont construire ensemble des images nourries par les rêves, les fantasmes et les peurs qui accompagnent les transformations physiques et psychologiques du passage de l’enfance à l’âge adulte.

Leurs jeux d’enfants sont tour à tour mis en scène ou créés spontanément. Avec pour décor la campagne argentine, Guille et Belinda utilisent des costumes, des accessoires et imaginent des tableaux imprégnés de références artistiques et littéraires explorant la frontière trouble entre imaginaire et réalité.

Au seuil de l’âge adulte, les tableaux fantastiques cèdent la place à une atmosphère plus contemplative. Cette période voit les deux cousines bâtir leur propre réalité, découvrir la fragilité des relations et faire l’expérience de la maternité.

Membre associé de Magnum Photos, Alessandra Sanguinetti s’est vue décernée de nombreux prix et bourses dont la Guggenheim Foundation Fellowship, la Hasselblad Foundation Grant et le prix Découverte des Rencontres d’Arles en 2006.

Cette série sera montrée du 13 mai au 11 juin 2011 au FLUX LABORATORY, à Genève.

EMMET GOWIN

The Clearest Pictures were at First Strange (1965-1973)

« Le mystère d’une photographie se révèle pleinement dans sa limpidité, quand rien ne vient l’obscurcir. Quand tout paraît nous être donné dans l’image, il nous revient alors d’en compléter le sens. » Emmet Gowin

Né en 1941, Emmet Gowin porte le nom et le prénom de son père, révérend de la Fairview Methodist Church, grande figure de son enfance austère et dépouillée en Virginie du Sud.

Elève d’Harry Callahan à la célèbre Rhode Island School of Design, ami de Frederik Sommer et de R.E Meatyard (il pose pour la série Lucybelle Crater), grand admirateur de La Nuit du Chasseur de Charles Laughton, il trouve sa première source d’inspiration à l’occasion de son mariage avec Edith en 1964. Il photographie alors sa femme et quatre générations de parents dans leurs cinq maisons de Danville (Virginie) où « elles formaient une sorte de cul de sac, une enclave isolée hors du temps ».

Marquées à la fois par une complicité un peu solennelle et par une inquiétante étrangeté, ses photographies semblent capter un moment de possible basculement : celui où l’univers clos de la famille peut devenir le lieu de sa propre folie.

Ce travail a été exposé au MoMA de New York en 1971 avec celui de Robert Adams.

ERIK KESSELS

My sister, 9 min (2003)

My sister semble, à première vue, un banal film amateur : un frère et une soeur jouent au ping-pong dans le jardin ; la mère fait une apparition de temps en temps. Tournée en super 8 dans les tonalités chaudes des années 70, la scène est idyllique et rien ne semble pouvoir la troubler. Seule la musique composée par Ryuchi Sakamoto suggère une menace grandissante, jusqu’à l’annonce abrupte de la mort accidentelle de la soeur d‘ Erik Kessels, vingt-cinq ans plus tôt ... Le film My sister fait partie du projet « Loud & Clear », collaboration entre Marlene Dumas, Ryuchi Sakamoto et Erik Kessels.

Né en 1966, Erik Kessels est le fondateur et directeur de création de KesselsKramer, une agence de communication indépendante à Amsterdam. Il a également contribué à la création de KK Outlet à Londres, associant un lieu d’exposition, une galerie et une agence. Collectionneur de photographies vernaculaires, il a publié plusieurs livres dont la série In almost every picture. Depuis 2000, il est l’un des rédacteurs du magazine de photographie alternative Useful Photography.

RALPH EUGENE MEATYARD

The family album of Lucybelle Crater (1970-1972)

« La photographie est plus proche de la poésie écrite que de n’importe quel art, y compris les arts visuels. » Ralph Eugène Meatyard.

Né à Normal dans l’Illinois en 1925, R.E. Meatyard a vécu à Lexington, dans le Kentucky, où il était opticien. Le week-end, il photographiait ses enfants et sa femme dans des mises en scènes symboliques, souvent dans des lieux abandonnés. Son oeuvre inclassable, construite peu à peu à l’écart des grands courants artistiques, est dominée par l’idée de révélation . Dans une réalité à la fois donnée et construite, perçue et rêvée, notre relation au monde repose entièrement sur notre imagination.

Réalisée durant les deux dernières années de sa vie, The Family Album of Lucybelle Crater est la dernière oeuvre de R.E. Meatyard, (il mourra d’un cancer à 47 ans). La série se compose de 64 portraits de « Lucybelle Crater », un nom emprunté à un personnage d’une nouvelle de Flannery O’Connor A Good Man is Hard to Find. Dans chaque photographie, le personnage de Lucybelle, incarné par l’épouse de R.E. Meatyard, Madelyn, se cache derrière un masque de vielle femme. A ses côtés, d’autres membres de la famille ou amis du couple sont reconnaissables derrière unmasque semi-transparent qui vieillit leurs traits. La séquence et la structure de la série ressemblent à un album de famille classique mais présentant une anomalie : tous les protagonistes portent le même nom, « Lucybelle Crater ». Sur la dernière photographie, prise quelques semaines avant sa mort, R.E. Meatyard pose avec Madelyn au milieu des vignes : ils ont échangé leurs vêtements et leur masque.

Le livre Lucybelle Crater a eu une influence considérable et a atteint une réputation presque légendaire depuis sa publication en 1974.

SADIE BENNING

Flat is beautiful (1998), 50 min

« Je me demandais constamment comment survivre, comment m’échapper et où aller ? En imagination, j’arpentais le monde. Aussi puissante qu’une balle de revolver. J’ai vécu en créant mes propres héros. Personne n’avait besoin de savoir que j’étais quelqu’un puisque c’était mon secret. » Sadie Benning

Flat is beautiful a été tourné en Pixelvision (pour les intérieurs) et en Super 8 (pour les extérieurs). Clairement d’inspiration autobiographique, le film retrace la vie de Taylor, une fillette de 12 ans qui vit avec sa mère et une colocataire homosexuelle. Tout au long du film, Sadie Benning fait porter à ses acteurs des masques en papier mâché grossièrement dessinés. Loin de nous distraire de l’histoire, cet artifice donne au film toute sa puissance, les personnages tentant d’échapper à une identité construite de toutes pièces et imposée par les conventions.

Née en 1973, Sadie Benning a commencé à tourner des vidéos à l’âge de 16 ans avec une caméra Pixelvision, cadeau de Noël de son père, le cinéaste expérimental James Benning. Commercialisé par Fisher Price dans les années 1980 pour 100 $, ce petit appareil permettait aux enfants de réaliser de manière très rudimentaire des vidéos en noir et blanc. Il ne rencontra pas le succès populaire attendu mais fascina les auteurs de films expérimentaux, séduits par le gros grain des images, l’originalité du son métallique et l’enregistrement brut d’une ‘boîte à images’.

Le BAL
6, impasse de la Défense
75018 Paris

www.lebal.fr

Pour une présentation du BAL et de ses objectifs

Sur l’exposition inaugurale du BAL

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