December 24, 2010

Panorama Artistes de la Galerie Michel Rein, Paris. Une exposition qui donne une idée du programme de cette galerie

Panorama
Artists of the gallery, selected works
Galerie Michel Rein, Paris
Jusqu'au 15 janvier 2011

Please scroll down for english version

PANORAMA est une exposition collective composée d’oeuvres d’artistes de la galerie Michel Rein. L’exposition répond au double sens du mot-titre : en même temps vaste paysage et vue d’ensemble d’une situation. Panorama exprime la diversité des œuvres présentées (sculptures, peintures, vidéos, dessins...) et une idée du programme de la galerie.

 

saadane_affif SAADANE AFIF, Stalactites (Few More Mistakes), 2004
Barre de bois rond
190 x 3,5 cm, œuvre unique

Suspendu au plafond, Stalactites reprend l’œuvre d’André Cadere Six barres en bois rond (1975). Les couleurs originales, issues de principes mathématiques développés au gré des pérégrinations de Cadere dans l’espace urbain, sont ici retravaillées en nuances de gris sous le tire Few More Mistakes. Afif fige l’ensemble des promenades de Cadere et crée une œuvre sur les principes du remix et de la continuation qui lui sont chers. Avec cette œuvre, il évoque tour à tour la déambulation dans l’espace urbain, la notion de Copyshare, de déplacement et de perspective. Lauréat du Prix Marcel Duchamp 2009, Saâdane Afif expose son projet Anthologie de l’humour noir au Centre Pompidou jusqu’au 3 janvier 2011.

 

jean-pierre-bertrand JEAN-PIERRE BERTRAND, RED 001136, 2006
Acrylique sur papier miel, plexiglas, cadre acier
204 x 153,5 x 1,8 cm

« Les peintures plasmiques sont l’empreinte d’un corps transparent, au ras, au plus proche du volume de plexiglas. L’empreinte affleure à la surface, demeure fraîche, ne coagulera pas. Elle semble être un creux dans l’uniformité cadrée de la surface. Les cadres qui l’entourent sont, selon, facteurs d’apparition ou de disparition des empreintes dans la surface qu’ils circonscrivent, en particulier les cadres en matière noire, alors que le rôle des cadres meulés, argentés mats, serait de s’en écarter, de la laisser vivre. Ils se veulent neutres, la neutralité étant en soi un choix.
Le rouge acquiert un fort pouvoir de coagulation mélangé à une faible quantité de miel. La légère nuance colorée est le résultat du trajet du rayon lumineux après qu’il a traversé le papier au medium pratiquement translucide, rebondi sur un fond coloré jaune vert que les papiers occultent pour les traverser à nouveau en sens inverse. Il y a translation optique au sein de la très faible épaisseur du cadre. » Jean-Pierre Bertrand

 

jordi_colomerJORDI COLOMER, Anarchitekton (Bucarest), 2003
Maquette en bois et carton, 185 x 58 x 50 cm, œuvre vidéographique 3’10
Œuvre unique

« Après des études d'architecture marquées par le modernisme, Jordi Colomer a poursuivi une interrogation sur la potentialité émancipatrice de l'architecture et sur le décalage entre les bâtiments modernes et leur appropriation par les habitants. [...] A Bucarest, le parcours commence à la manière d'une parodie du parcours de la flamme olympique, avec une bouteille en plastique fixée au bout d'un manche en bois. Objet sans doute trouvé, mis en scène. Le personnage court le long d'un lac, dans un no man's land en direction de la ville. Idroj traverse ensuite Bucarest avec la maquette des immeubles squelettes de la dernière période de Ceaucescu, restés inachevés, avant d'arriver à la Maison du peuple, maintenant Palais du parlement. [...]
Anarchitekton serait ainsi une sorte d'oxymore, travestissant les déambulations dans la pratique artistique, des surréalistes aux situationnistes, en puisant son ressort narratif dans le discours utopique des avant-gardes architecturales. » Marie-Ange BRAYER, Jordi Colomer, Fuegogratis, Editions du Jeu de Paume / Le point du Jour, 2008

 

didier_faustino DIDIER FAUSTINO, Hand Architecture, 2009
Megaphone, 35 x 67 cm
édition 3 + 1AP, exemplaire n°2/3

Le mégaphone est d'habitude utilisé pour communiquer auprès d’une large audience. Ici il devient un mode de rencontre entre deux individus. A l’aide d’un silencieux, l'utilisateur du mégaphone peut chuchoter un message intime à une seule personne. C'est l'antithèse d'une démonstration, une sorte d'intimité collective impliquant seulement deux personnes, n'importe où dans l'espace public. La personne "capturée" par Hand Architecture devient visuellement isolée de son environnement, sa seule référence étant la voix de son interlocuteur.

 

mathew-hale MATHEW HALE, Pages of the MIRIAM BOOKS, Page 179 of DIE NEUE MIRIAM, 2007
Collages, matériaux divers
Œuvre unique, 69 x 30,5 x 3 cm

Mathew Hale définit ses collages et ses dessins comme les résultats d’« improvisations associatives », affirmant ainsi le hasard comme outil sélectif et mode d’élaboration de ses œuvres.
Son esthétique du détournement opère des raccords inattendus entre des images hétérogènes et produit tour à tour un langage politique et/ou humoristique.

 

ARMAND JALUT, Paesagio Grandioso I, 2010
Huile de colza et pastel sur papier
7 œuvres uniques de 48 x 48 cm chaque


armand-jalut

« Ces séries de pizzas sont une variation sur le thème du paysage. La technique est inspirée des "Study for skin" (1962) de Jasper Johns. L'empreinte de la pizza est réalisée en enduisant le dos d'huile de colza, puis, sur la zone graisseuse, est appliquée en tapotant du doigt, le pastel. Les couleurs sont issues d'une boîte de couleurs "Paysage" de Sennelier.
Le processus de cette oeuvre est un détournement de l'usage classique du pastel. Elle fait référence à la palette, réorganisée à partir d'une sélection conventionnelle. Elle joue aussi sur le contraste de médiums, l'un inepte, l'autre noble. Le paysage est ici lunaire, le geste simplifié à l'extrême, à l'inverse de l'emphase présente dans mes peintures.
Le gras et la tache sont au service de la préciosité. L'usage de l'italien renvoie aux origine de l'outil pizza et apporte une touche de romantisme à un ensemble un peu prosaïque. » Armand Jalut
Cette œuvre a été exposée au Palais de Tokyo pour l’exposition "Dynasty" (11.06 - 05.09.2010).

 

didier-marcel DIDIER MARCEL, Sans titre (campus), 2007
Tapis, pure laine tuftée main, matériaux divers, système rotatif, inox poli
145 x 92 x 75 cm, ed 2 + 1AP, AP

Cette maquette s'inscrit dans la continuité d'une série de travaux débutée en 1993 qui a vu les « objets architecturaux » évoluer de la reconstitution de bâtiments en démolition vers des objets normatifs, de zones industrielles qui ont gommé structurellement toute fonctionnalité et où leur valeur de signe se réduit à la qualité de la surface. Sans titre (campus) reprend une colline dijonnaise près du campus universitaire où se trouvent les vestiges d'un panneau publicitaire. Le "tapis de verdure" est en moquette, matériau qu’affectionne particulièrement Didier Marcel : « Au début des années 1990, c'était quelque chose de délicat à utiliser car cela renvoyait à l'univers des bureaux. Aujourd'hui, c'est devenu un matériau noble. Pour moi, elle représente une sorte de réduction du socle... ».

 

orlan ORLAN, Différences et répétitions, Robe sans corps, Super White, 2009
Sculpture de plis en résine, peinture
190 x diam 130 cm, oeuvre unique

Les Robes sans corps sont des sculptures de plis qui s’inscrivent dans la filiation du travail d’ORLAN sur le drapé baroque. Dès les années 1980, ORLAN, drapée dans des plis savants, dialoguait avec l’histoire de l’art et en particulier la statuaire du Bernin.
Réinterprétation d’œuvres historiques, cette sculpture soulève la question de la copie et du clonage, de la différence et de la répétition. Elle relie les époques (du gothique au pop-art en passant par le baroque) et la permanence des représentations.
Cette œuvre a été exposée à l’Abbaye de Maubuisson pour l’exposition "ORLAN, Unions mixtes, mariages libres et noces barbares" (commissaire Caroline Coll, septembre 2009 - mars 2010) et au Musée Bourdelle pour l’exposition "En Mai fais ce qu’il te plaît !" (commissaire Juliette Laffon, mai - septembre 2010).

 

dan_perjovschiDAN PERJOVSCHI, Free style, 2009
Feutre sur papier, 29,7 x 42 cm

Dan Perjovschi mixe dans ses oeuvres le dessin, la caricature et le graffiti, dessinant à même les murs des galeries et des musées. Ses dessins ont pour sujet les évènements politiques, sociaux et culturels.
Depuis 10 ans, Dan Perjovschi passe d’un mur à l’autre (en tombant parfois au sol ou même suspendu au plafond), racontant le monde qui nous entoure. Comme il le dit lui-même, s’il le dessine, c’est qu’il le comprend. Le style est anarchique, sans structure apparente. Une sorte de jazz visuel. D’une décision de portée mondiale au goût du premier café du matin, la distance se mesure en centimètres. Dessin après dessin, Perjovschi tisse la grande histoire du monde contemporain, avec humour, ironie et empathie, n’ayant besoin de personne et sans règles prédéfinies.
"Free Style" est le titre de la dernière exposition personnelle de Dan Perjovschi à la galerie Michel Rein (18/04 - 23/05/2009).

 

allan_sekula ALLAN SEKULA, Polonia and Other Fables, Ladies Auxilaary Polish Army Veterans of World War II. Polish, 2007-2009
Chromogenic print, 122 x 122 cm, édition 5 + 1AP,exemplaire n°2/5

La série Polonia contient de nombreuses références autobiographiques, les grands parents paternels d’Allan Sekula ayant immigré de Pologne aux Etats-Unis au début du XXe siècle.
« La série Polonia n'est ni socio-documentaire ni autobiographique, il s’agit plutôt d’une tentative de construire quelque chose avec des photographies, de la vidéo, un graphisme et un texte qui fonctionne comme un roman historique devenu fou ou un film de fiction à large portée, s'attardant de temps en temps sur les détails, comme c’est souvent le cas avec la photographie. » Allan Sekula
Polonia and Other Fables a été exposé à la Renaissance Society, University of Chicago (20.09 - 13.12.2009), à la Zacheta National Gallery of Art, Varsovie (12.12.2009 - 28.02.2010) et au Ludwig Museum, Budapest (09.07 - 19.09.2010).

 

christian_hidaka CHRISTIAN HIDAKA, The Others, 2010
Huile sur toile, 200 x 220 cm

« L’artiste anglais Chistian Hidaka réalise de vastes peintures imaginaires, franchement psychédéliques, dont la construction par étagement de plans successifs renvoie ouvertement à la peinture japonaise traditionnelle. Ses origines japonaises, tout comme le grand intérêt qu’il porte à la peinture impressionniste, l’ont très vite familiarisé avec ce pan de l’histoire de l’art que l’occidentalocentrisme régnant continue de considérer trop souvent comme une simple curiosité.
La particularité de la peinture de Christian Hidaka tient à l’intrication des motifs et des procédés picturaux, une « peinture de précision », une grammaire picturale qu’il a pris soin d’élaborer, de complexifier au fil des années... La brume et les mousses qui se confondent souvent sont tamponnées avec une brosse à poils durs. Tandis que les sillons concentriques que laissent les poils dans la peinture à l’huile évoquent inévitablement le ratissage des jardins Zen, la technique rappelle le fameux précepte chinois de l’Unique trait de pinceau qui n’autorise aucun repentir. » Raphaël Zarka

 

maria_thereza_alvesMARIA THEREZA ALVES, Iracema (de Questembert), 2009
œuvre vidéographique transférée sur DVD, 26’43
ed 5 + 2AP, n°2/5

"L’art de Maria Thereza Alves s’établit sur la base d’une pensée écologique. Elle aborde les écosystèmes à travers le dynamisme des équilibres générés par la diversité des espèces. Elle met en place des procédures d’enquête, nécessitant en tout premier lieu son inscription dans le paysage spécifique, humain et territorial, qu’elle aborde." Pascal Beausse
Iracema (de Questembert) retrace l’histoire d’une jeune femme indigène du Brésil qui hérite d’une propriété française et fait le voyage jusqu’en France pour en prendre possession. Plus tard, elle y fondera un institut pour l’art et la science. Maria Thereza Alves examine les phénomènes sociaux et culturels, en particulier les situations qui remettent en question les circonstances sociales qui concernent ce que nous pensons savoir et qui nous pensons être.
Iracema (de Questembert) a été réalisée pour la Biennale de Lyon 2009 (commissaire Hou Hanru), où elle a reçu le Prix de la Francophonie. L’édition 1/5 de cette œuvre appartient aux Galeries Nationales du Canada.

 

yuri_leidermanYURI LEIDERMAN, Geopoetics-15 (Louvre variant), 2010
oeuvre videographique, couleur, son , 2’09
ed 3 + 1 AP, n°1/3

Yuri Leideman a réalisé cette performance filmée à l’occasion de l’exposition Contrepoint russe, de l’icône au musée en passant par l’avant-garde au Musée du Louvre (visible jusqu’au 15.01.2011, commissaire Marie-Laure Bernadac).
A travers cette action, l’artiste convoque le fantôme des idéologies politiques, devenues objets inexistants. Yuri Leideman laisse apparaître une géopoétique nouvelle, qui entretient des relations « libres et perverses » avec la géopolitique, mais qui n’exprime rien.

 

elisa_pone ELISA PONE, I’m looking for something to believe in, 2007
Œuvre vidéographique transférée sur DVD, 8’
ed 5+1 , n°4/5

Elisa Pône révèle la friction propre à l’artifice. À la finalité sans fin s’oppose l’acte de destruction que représente une voiture brûlée. L’œuvre d’Elisa Pône n’en est pas moins poétique, attestant un travail sur la vibration de la couleur […]. Elisa Pône réalise des feux d’artifices d’intérieur, ou dans des espaces confinés, qui décuplent l’impact visuel, odorant et sonore par une proximité inhabituelle des spectateurs. La vidéo « I’m Looking for Something to Believe In », dont le titre renvoie à la chanson des Ramones « Something to Believe in », est un plan fixe, de jour, sur une voiture blanche abandonnée en forêt, au bord d’un étang. Les grenouilles coassent, les oiseaux chantent, puis ce sont les premières explosions, un bruit assourdissant, la contrainte spatiale ne résiste que peu de temps. L’habitacle cède. Les vitres tombent. La fumée s’échappe, se dissipe, puis les bruits de la nature recouvrent leurs droits. La fête est finie… » Julien Blanpied
Cette œuvre est actuellement exposée au MAC/VAL dans le cadre de "Let's Dance" (depuis le 22.10.10 jusqu’au 16.01.2011).

 

raphael_zarka RAPHAEL ZARKA, Gibellina Vecchia, 2010
Film 16 mm transféré en HD, 10’30
ed 5 + 1, n°1/5

Pour Gibellina Vecchia, Raphaël Zarka est retourné sur le site de l’œuvre de l’artiste italien Alberto Burri Il Grande Cretto, réalisée en 1985-1989 en Sicile, et où il avait déjà réalisé un premier film, Cretto, en 2005. Dans un lointain écho à Melancholia de Dürer et à la poétique des ruines d’Hubert Robert, il s’attache ici à suivre les fréquentations et les visites journalières de l’œuvre, des bergers aux touristes, des étudiants aux architectes, chacun en donnant une représentation singulière.
Raphaël Zarka nous invite à penser l’œuvre comme site et le geste quotidien comme mode de l’appropriation et de l’expérience. Il est actuellement en résidence à la Villa Medicis, Rome.

 

_______________ ENGLISH VERSION _______________

 

PANORAMA: Artists of the gallery, selected works
Michel Rein Gallery, Paris - France
Through January 15, 2011

PANORAMA is a group show exhibiting selected artworks by artists of the gallery. The exhibition plays with the double sense of the title: at once a vast landscape and the overview of a situation. Panorama shows the diversity of the works presented (sculpture, painting, video, drawing…) within the gallery's programme.

 

SAADANE AFIF, Stalactites (Few More Mistakes), 2004
Round wooden blocks
190 x 3,5 cm, unique piece

Saâdane Afif takes André Cadere’s artwork Six barres en bois rond (1975) and suspends it as a stalactite. The original colours, which come from the mathematical principles developed from André Cadere walks in urban spaces, are here tainted in shades of grey under the title Few More Mistakes. Afif freezes the ensemble of Cadere’s walks and creates an artwork using the principles of remixing and development that are so familiar to him. With this work the artist conjures up the idea of wandering around an urban landscape, as well as the notions of copy sharing, displacement and perspective.
Winner for the Prix Marcel Duchamp 2009, Saâdane Afif presents his project Anthologie de l’humour noir at the Centre Pompidou until
the 3rd January 2011.

 

JEAN-PIERRE BERTRAND, RED 001136, 2006
Acrylic on honey paper, plexiglas, steel frame
204 x 153,5 x 1,8 cm

“The plasmic paintings are the imprint of a transparent body, as close as possible to the volume of Plexiglas. The imprint that appears on the surface remains fresh, so as to not coagulate. It seems to be a hollow in the uniformity of the surface. The frames that surround it are factors of the appearance or disappearance of imprints in the surface that they confine, in particular the dark frames; silvered matt frames deviate from it, let it live. They want to be neutral, the neutrality being a choice in itself.
The red acquires a strong power of coagulation when mixed with a small quantity of honey. The light colored nuance is the result of the beam of light after it penetrated the paper. The light bounced on a green yellow colored base, hidden by the papers, to cross them again the other way around. There is an optical translation within the very weak thickness of the frame.” Jean-Pierre Bertrand

 

JORDI COLOMER, Anarchitekton (Bucarest), 2003
Model in wood and cardboard, 185 x 58 x 50 cm, video 3’10
Unique piece

"After studying architecture, with a particular interest in modernism, Jordi Colomer went to explore the emancipatory potential of architecture and the discrepancy between modern buildings and how they are appropriated by their occupants. [...] In Bucharest the sequence begins like a parody of the progress of the Olympic flame with a plastic bottle fixed to a wooden handle - no doubt a found object that was immediately integrated into the mise-en-scène. The figure runs alongside a lake, in a no-man's-land, toward the city. Idroj then crosses Bucharest with models of the skeleton buildings from the late Ceaucescu era, which were left unfinished, and arrives in front of the House of the People, now the Palace of the Parliament. [...]
Anarchitekton could thus be seen as a kind of oxymoron, travestying various kinds of walks in art history, from the practices of the Surrealists to those of the Situationists, by drawing its narrative dimension from the utopian discourse of the architectural avant-gardes." Marie-Ange BRAYER in Jordi Colomer, Fuegogratis, Editions du Jeu de Paume / Le point du Jour, 2008

 

DIDIER FAUSTINO, Hand Architecture, 2009
Megaphone, 35 x 67 cm
edition 3 + 1AP, edition n°2/3

Megaphones are usually used to broadcast to a wide audience. Here it becomes a medium for the meeting of two individuals. With a silencer, the user of the megaphone can whisper an intimate message to one single person. It is the antithesis of a demonstration, a sort of collective intimacy involving only two people anywhere in the public space.
The person captured by Hand Architecture becomes visually and aurally isolated from his or her surroundings, their only reference being the voice of the interlocutor.

 

MATHEW HALE, Pages of the MIRIAM BOOKS, Page 179 of DIE NEUE MIRIAM, 2007
Collages, mixed media
Unique piece, 69 x 30,5 x 3 cm

Mathew Hale defines his collages and his drawings as resulting from “associative improvisations”, affirming chance as a selective tool and means of development within his work.
His aesthetic is produced by creating unexpected links between a mixture of images which in turn develop their own political or often humorous language.

 

ARMAND JALUT, Paesagio Grandioso I, 2010
Rapeseed oil and pastel on paper
7 unique pieces, 48 x 48 cm each

"This series of pizzas is a variation on the theme of landscape. The technique is inspired by Jasper John’s Study for Skin (1962). The pizza’s imprint is created using rapeseed oil, then, pastel is applied by finger over the greasy area. The colours themselves come from a series called ”Landscape” by Sennelier. The process of the work hijacks the classical usage of pastels. It makes a reference to the pallet, reorganised from its conventional selection. They also play with the contrast of the two media, one rather clumsy and awkward whilst the other deemed rather noble. The landscape is lunar and the gestures used are simplified to the extreme, rather the opposite of the emphasis present in my paintings. The use of Italian in the title recalls the origin of the pizza and brings a touch of romanticism to this rather prosaic series." Armand Jalut
This artwork was exhibited at the Palais de Tokyo for the group show Dynasty (11.06 – 05.09.2010).

 

DIDIER MARCEL, Sans titre (campus), 2007
Pure wool, hand woven rug, mixed media, rotating system, stainless steel.
145 x 92 x 75 cm, ed 2 + 1AP, AP

This model forms part of a series which began in 1993 and which first saw “architectural objects” evolving from the reconstitution of demolished buildings towards normative objects and industrial areas which have structurally erased all functionality and where their value is reduced to simply the quality of the surface. Sans titre (campus) captures a hill in Dijon close to the university campus where we find the vestiges of a billboard. The “grass rug” is made of carpet, a material towards which Didier Marcel is particularly affectionate “At the beginning of the 90s, it was something rather tricky to use because it brought to mind the office environment . Today its become rather a noble material. For me it represents a sort of dissolution of the pedestal." Didier Marcel

 

ORLAN, Différences et répétitions, Robe sans corps, Super White, 2009
Sculpture of folds in resin, paint
190 x diam 130 cm, unique piece

The Robes sans corps are sculptures of folds which come under ORLAN’s series of baroque artworks. Since the 1980s ORLAN, draped in folds, has created a discussion with art history and in particular the statue of Bernin.
The reinterpretation of historical artworks, these sculptures constitute a series of unique pieces each one different, bringing to the forefront the question of copying and cloning, difference and repetition. They bring together different eras of art history (from the gothic period to pop-art, passing by the baroque) and the permanence of representations.
This artwork was exhibited at l’Abbaye de Maubuisson for the exhibition "ORLAN, Unions mixtes, mariages libres et noces barbares" (curated by Caroline Coll, Sept 2009 - March 2010) and at the Musée Bourdelle for the exhibition "En Mai fais ce qu’il te plaît !" (curated by Juliette Laffon, 06.05 - 19.09.2010).

 

DAN PERJOVSCHI, Free style, 2009
Felt tip on paper, 29,7 x 42 cm

For 10 years, Dan Perjovschi, has moved from one wall to another (occasionally stumbling across a floor or a ceiling) describing the world which surrounds us. As he himself says if he draws something its because he understands it. The style is anarchic, without apparent structure. A sort of visual jazz. There is very little separating decisions of international importance from the first drop of coffee in the morning. Drawing after drawing Perjovschi weaves the large history of the contemporary world. With humour, irony, empathy, with no need for people and without predefined rules, Dan Perjovschi mixes in his works, sketches, caricatures and graffiti, drawing directly on gallery and museum walls. The subjects of his drawings range from social to political and cultural events
Free Style is the title of the last solo show of Dan Perjovschi at galerie Michel Rein (18/04 - 23/05/2009).

 

ALLAN SEKULA, Polonia and Other Fables, Ladies Auxilaary Polish Army Veterans of World War II. Polish, 2007-2009
Chromogenic print, 122 x 122 cm
Edition 5 + 1AP,exemplaire n°2/5

The series Polonia and Other Fables contains a number of autobiographical references, Allan Sekula’s grandparents having emigrated from Poland to the United States at the beginning of the 20th century.
”The Polonia series is neither a sociologically-grounded documentary nor an autobiography, but rather another attempt to make something with photographs, video, graphics and text that functions like a historical novel gone crazy or a fiction film with erratic epic scope, stopping once or twice too often to linger on the details, as is often the case with photographs.” Allan Sekula
Polonia and Other Fables has been exhibited at Renaissance Society, University of Chicago (20.09 - 13.12.2009), at Zacheta National Gallery of Art, Varsovie (12.12.2009 - 28.02.2010) and at Ludwig Museum, Budapest (09.07 - 19.09.2010),

 

CHRISTIAN HIDAKA, The Others, 2010
Oil on canvas, 200 x 220 cm

"The English artist Chistian Hidaka depicts vast imaginary and truly psychedelic landscapes, on large horizontal canvases, which he renders from a successive layered construction of grounds openly referring to Sino-Japanese paintings. From Japanese descent and with an interest for Impressionist Art, he got rapidly familiarized with this part of art history, which the ruling occident-centric continues to consider too often as a mere curiosity.
The particularity of Christian's paintings originates from his intricate motifs and technique. The mist and moss, often blending into the landscape, are often dabbed on with a hard brush. Whereas the concentric tracks left behind by the hairs in the oil paint undoubtedly recalls the raking of Zen gardens, the technique resembles equally some of Bernard Frize's paintings and the Chinese precept of the unique brushstroke precluding any corrections." Raphaël Zarka

 

MARIA THEREZA ALVES, Iracema (de Questembert), 2009
Video on DVD, 26’43
ed 5 + 2AP, n°2/5

"Maria Thereza Alves’s art is based on ecological ideas. She approaches ecosystems via the balance created by the diversity of species. She sets up investigations into specific human and territorial landscapes that she approaches." Pascal Beausse
Iracema (of Questembert) tells the story of a young, native Brazilian woman who inherits a French property and makes the journey to France. Later, she will there establish an institute for arts and science. Maria Thereza Alves examines the social and cultural phenomenons, in particular the situations which question the social circumstances which concern what we think and who we think we are.
Iracema (of Questembert) was created for the 2009 Lyon Biennial (curator Hou Hanrou), where it received the Francophony Prize. The edition 1/5 is own by the National Gallery of Canada.

 

YURI LEIDERMAN, Geopoetics-15 (Louvre variant), 2010
Video on DVD, color, sound , 2’09
ed 3 + 1 AP, n°1/3

Yuri Leideman held this performance at the opening of the exhibition Contrepoint russe, de l’icône au musée en passant par l’avant-garde at the Musée du Louvre (on show until 15.01.2011, curator Marie-Laure Bernadac).
Through this action, the artist convokes the ghost of political ideologies which become inexistent objects. A new Geopoetics appears which holds a "free and perverse" relationship with geopolitics and which equally expresses nothing.

 

Elisa PONE, I’m looking for something to believe in, 2007
Video on DVD, 8’
ed 5+1 , n°4/5

"Elisa Pône reveals the tension inherent in fireworks, contrasting their gratuitous use for pleasure with the act of destruction represented by a burned out car. Her work is also poetic, however, its use of vibrant colour bringing to mind the historical vocabulary of painting […]. Pône’s fireworks are made for use indoors, in confined spaces. This heightens their visual impact and the intensity of their smell and sound, due to the unwonted closeness of the spectators. Her video "I’m looking for something to believe in", a reference to the Ramones song "Something to believe in", is a fixed shot, by day, showing a white car abandoned beside a pond in a forest. The frogs are croaking, the birds are singing, and then suddenly come the deafening noise of the first explosions. The structure cannot withhold the blast for long. The passenger compartment gives way, the windows shatter. Smoke seeps out, spreads, and then nature regains the upper hand. Party over." --Julien Blanpied
This video work is currently exhibited at MAC/VAL in the exhibition "Let's Dance" (since October 22, 2010 through January 16, 2011).

 

RAPHAEL ZARKA, Gibellina Vecchia, 2010
16 mm Film transferred into HD, 10’30
ed 5 + 1, n°1/5

For Gibellina Vechia, Raphaël Zarka returned to the location in Sicily where Italian artist Alberto Burri created Il Grande Cretto between 1985-89 and where Zarka filmed his work Cretto in 2005. The work refers to the artwork Melancholia by Dürer and to the poetry of Hubert Robert's ruins. Here he attempts to follow the daily tours of the work from shepherds to tourists, from students to architects, each one giving a singular representation of it. Raphaël Zarka invites us to think of the work as a venue and of the daily gesture as a way of appropriation and experience. He is currently in residence at the Villa Medicis, Rome.

 

GALERIE MICHEL REIN
42 rue de Turenne
F-75003 PARIS
Open Tuesday > Saturday
11 am > 7 pm

www.michelrein.com

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A propos de la galerie Michel Rein 

Exposition précédente : Michael Riedel

27.11.2010 -15.01.2011

1 comment:

Anonymous said...

beaucoup appris

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