Wanafoto, Art & Imaging Blogzine - Webzine


Expositions, Art contemporain, Art moderne, Photographie, Design, Patrimoine, Architecture, Art vidéo, Films, l'image dans toutes ses dimensions, Publications

Art Exhibitions, Art Fairs, Visual Arts, Photography, Graphic Arts, Design, Video Art, Architecture, Films, Photo / Imaging Equipments, Publications


December 24, 2010

Expo BigMinis, CAPC Bordeaux - Musée d’art contemporain / Museum of Contemporary Art of Bordeaux, France

BigMinis, Fétiches de crise
CAPC, Musée d'art contemporain, Bordeaux
Commissaire d'exposition : Alexis Vaillant
Jusqu'au 27 février 2011

Please scroll down for english version

David Musgrave

DAVID MUSGRAVE (artiste anglais né en 1973), Animal, 1998
Courtesy de l’artiste et de la galerie greengrassi, Londres © David Musgrave

 

Le mini est-il un signe avant-coureur de crise, ou bien un reflet, une conséquence de celle-ci ? Serait-il aussi une réponse efficace et décalée à LA crise ? Avec l’expo BigMinis, le CAPC se propose d’explorer la fascination singulière qu’exerce l’objet « réduit » à l’heure de la récession. Alors que la miniaturisation peut évoquer une réduction des coûts, du temps et de l’espace, la production du mini, elle, est stratégique. Le mini résiste à la réduction. Il existe depuis sa petite taille. Une petitesse insolente qui révèle, dans le contexte économico-culturel actuel, quelques-unes des pathologies capitalistes dans lesquelles le mini s’origine et auxquelles il répond. Le mini, un objet régulateur ?

L’exposition BigMinis regroupe les oeuvres d’une cinquantaine d’artistes contemporains prêtées par des collections publiques françaises et étrangères, des fondations et collections privées, des galeries et les artistes eux-mêmes. Son propos qui s’origine dans la conjoncture économique actuelle, se déploie sur fond de récession, et interroge, notamment, la notion de « fétiches de crise ».

On pense à tort que dans le mini, tout est proportionnel-lement réduit : il en irait ainsi de l’idée qui l’anime, comme de son impact. Or l’expérience démontre le contraire. Le mini perdure et marque. Il résisterait même à la crise. L’exposition est pensée dans cette perspective.

Pour rendre le propos dialectique et piquant, des oeuvres de grande taille animées par des mini-idées sont aussi montrées, signifiant ainsi que l’impact d’une idée véhiculée par un objet n’est pas proportionnelle à la taille de ce dernier. Autrement dit, que les oeuvres de grande taille sont loin d’avoir le monopole des « grandes » idées et que les idées courtes ne sont pas nécessairement proportionnelles à la taille des objets qui les véhiculent.

Compte-tenu des proportions maximalistes du CAPC auxquelles l’exposition répond en partie, un dispositif a dû être inventé, les "bigminis" ne s’exposant pas vraiment comme des standards. La galerie new formula du rez-de-chaussée du musée ressemblera à un terrain de jeu mental. Et c’est dans une forêt de socles aux allures post-Tetris qu’il faudra parfois chercher les oeuvres. Les minis ignorent les canons de l’époque. Uniques, les oeuvres d’art minis, si tant est qu’elles soient ainsi catégorisables, sont comme mûes par la vie. Qu’elles soient belles et laides importe peu. Leurs dimensions, leurs matériaux, leurs prouesses techniques et conceptuelles les rendent enviables et attachantes, stimulantes pour l’oeil et l’esprit. Elles surprennent et s’imposent. On ne peut rien leur retirer. Elles impactent jusqu’à réveiller la cleptomanie qui sommeille en nous.

Contrairement au king size, le mini doit se voir de près. Il présuppose une mise au point, d’où l’emprise qu’il exerce sur la sphère du désir. En même temps, le petit fait le vide autour de lui car pour être vu, il a besoin de plus d’espace. Il prend donc plus de place que ce que sa taille laissait supposer, d’où sa capacité à devenir fétiche. Le rapport qu’il entretient avec l’environnement (la ville pour la voiture, l’espace d’exposition pour l’objet d’art, la poche pour le tamagotchi, ...) et avec nous, devient alors politique.

Après avoir incarné le boom-object des pays industrialisés, quand le raccourcissement des jupes et des voitures avait pris la dimension d’un phénomène de société, créant la vogue du mot « mini » en Occident, l’objet compact se mesure aujourd’hui à l’aune du mignon (objet léché superflu, symptomatique), de l’inquiétant (objet sériel, culte, fétichisé) et du résistant (objet critique, Pear to Pear, individualiste). On déteste l’aimer et on aime le détester. On le veut en cachette et on ne l’a jamais assez vu.

BigMinis au CAPC
Galerie NEW FORMULA
rez-de-chaussée du musée
Exposition conçue par Alexis VAILLANT, responsable de la programmation, CAPC, musée d’art contemporain.de Bordeaux

CATALOGUE DE L’EXPOSITION : BigMinisBook
Sous la direction d'Alexis Vaillant
Contributions de Bruce Hainley, Jennifer Higgie, Claire Moulène, David Musgrave, Aaron Schuster, Alexis Vaillant
Français / Anglais, 10,5 x 7 cm, 300 pages, 160 illustrations quadri, 18 EUR

_______________ English Version _______________

 
BigMinis
Fetishes of crisis
CAPC, Museum of Contemporary Art of Bordeaux
Exhibition Curator: Alexis Vaillant
Through 27 february 2011


With the exhibition BigMinis, the CAPC is offering a plunge into the heart of the ‘compact’ object, the idea being to explore the fascination that things ‘scaled down’ wield these days, afflicted by the crisis as we all are. If it is possible to see in the mini, a harbinger of crisis, as well as a reflection and a critical consequence of this latter, we must also not overlook the fact that it usually represents an unexpected and off-kilter response to the recession. Because a reduction in size conveys the idea of a reduction in cost, space and time, it likens the production of the compact to an intelligent, reactive production, adapted to its economic and cultural context. A control-production.

The mini is at once near and far. Unlike the King-size which can be seen from afar, the ‘mini’, for its part, has to be seen up close. You have to get near to it in order to get a focus. The small makes a void around it, which is how it takes up all its room. To be well displayed, it needs space, and to be properly seen, a decision has to be made about the distance separating it from us. For the room it takes up is more than its size might have us suppose. And it is by taking up this room that the compact object deploys its capacities. Whence issues the thoroughly special relation that it introduces between the environment (city for car, exhibition venue for art object, pocket for tamagoci…) and us. It is a 1:1 relation of resistance. We think, wrongly, that in the small everything is proportionately scaled down, which also applies to the idea which informs it and its impact. Experience shows the opposite. The small endures. To make things fragrant and spicy, large works are also being shown in the exhibition, insinuating that the mini-idea can be enlarged and last as long as the ‘grand’ idea contained in the mini-object.

The exhibition BigMinis is a dialectical show which brings together a selection of works by some forty contemporary artists, enhanced by several emblematic historical works all coming from French and foreign public collections, private foundations, private collections, galleries and artists. It has come into being in the current economic climate, with the aim, of questioning the fascinating attraction with what we might call “fetishes of crisis”. The mini artworks, which are surprising and unique in relation to the canons of the day and age, are as if driven by life. Beautiful or ugly, it matters not a lot. Their dimensions, materials and technical and conceptual prowess all make them enviable, engaging and stimulating for eye and mind alike. But today, they provoke and mark. You cannot take anything away from them, and they often bestir the kleptomania that lurks in all of us. 

After incarnating the ‘boom object’ of the industrialised nations in the 1950s and 1960s, unaided, the compact object is nowadays regarded at once as cute (minority, superfluous) and disquieting (metaphysical, critical, and mutinous). We hate to love it and love to hate it. The contemporary mini has sex appeal. Even when multiplied, it remains one-off.

Taking into account the maximalist proportions of the CAPC to which the show responds, a unique and seemingly ‘scale-less’ display is arranged, and complemented by a ‘you see it, you want it’ bilingual mini catalogue (7 x 5 cm, 300 pages, colour), Editor Alexis Vaillant, contributions Bruce Hainley, Jennifer Higgie, David Musgrave, Aaron Schuster & Alexis Vaillant, co-edited by CAPC, Bordeaux & Sternberg Press, Berlin, New York.

BigMinis
At the CAPC - Museum of Modern Art of Bordeaux
gallery NEW FORMULA (ground floor) 

Other exhibitions
Robert Breer, through 27 February 2011

CAPC
Musée d'art contemporain / Museum of Contemporary Art of Bordeaux
Entrepôt Lainé. 7 rue Ferrère
33000 BORDEAUX - FRANCE

www.capc-bordeaux.fr

No comments:

Post a Comment

Merci pour vos commentaires :) Thanks for your comment ;)