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November 11, 2010

Katarina Zdjelar, Fri Art Fribourg

KATARINA ZDJELAR
I think that here I have heard my own voice coming to me from somewhere else
Fri Art, Centre d'Art de Fribourg
20 novembre 2010 - 16 janvier 2011

 

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KATARINA ZDJELAR
The Perfect Sound, 2009 
Arrêts sur image, courtoisie l'artiste.
© 2009, Katarina Zdjelar

 

Née en 1979, KATARINA ZDJELAR a notamment représenté la Serbie lors de la biennale de Venise en 2009, aux côtés de Zoran Todorovic. Elle vit et travaille à Rotterdam.

Pour son exposition personnelle au centre d'art de Fribourg, elle présentera six vidéos récentes, dont une nouvelle production. 

LA DEMARCHE ARTISTIQUE DE KATARINA ZDJELAR

Les portraits vidéographiques de Katarina Zdjelar concentrent leur objet sur le langage et son apprentissage. La langue étrangère apprise, remémorée, énoncée ou décryptée, est une source clairement lisible de tension physique et mentale chez les personnages, qu’ils soient un groupe de militants italiens, des écoliers turcs, des citoyens ordinaires des pays de l’Est ou des immigrants européens. La poétique de ces portraits tient à la rencontre entre les diverses idéologies qui se trahissent dans ces langues et les aspects psychologiques qui se lisent sur les visages. L’artiste observe méticuleusement l’étroite corrélation établie entre la question du langage et celle de l’appartenance, communautaire ou sociale. 

LES OEUVRES VIDEOS DE KATARINA ZDJELAR

The Perfect Sound (2009) montre le travail d'un thérapeute consistant à ôter tout accent étranger de l'anglais de son patient, basé sur la répétition, presque incantatoire, de phonèmes. Le but affirmé est d'obtenir un anglais international, prisé du monde des affaires et dénué de toute particularité. Cette recherche de la neutralité se fait au prix d'un travail physique et phonétique conséquent et surtout de l'abandon d'une partie de la personnalité du patient. 

Les efforts déployés pour dépasser une barrière linguistique peuvent mettre les protagonistes dans une situation particulière de vulnérabilité. Dans la vidéo Shoum (2009), la caméra se focalise sur un exercice de décodage de la chanson Shout du groupe pop (New Wave) britannique Tears for Fears. Deux hommes, parlant serbe et ne comprenant manifestement pas l'anglais, effectuent une transcription homophonique de la chanson, créant quasiment un nouveau langage, pour leur permettre de la chanter.

Pour Don't do it wrong (2007), Katarina Zdjelar s'est rendue dans une école primaire d'Istanbul. Le rituel matinal consiste à chanter l'hymne national et réciter un serment de fidélité à Ataturk,  père de l'état moderne, avec force solennité : autant d’éléments artificiels pour les écoliers qui laissent transparaître leur nature enfantine, et révèlent la pression absurde qui se joue dans la cérémonie.

 

katarina_zdjelar_video_still_2007a katarina_zdjelar_video_still_2007bKATARINA ZDJELAR
Don’t do it wrong, 2007

Arrêts sur image, courtoisie l'artiste.
© 2007, Katarina Zdjelar

 

Chaque langue véhicule un système de valeurs : c'est précisément ce qui transparaît dans A Girl, the Sun and an Airplane Airplane (2007). Katarina Zdjelar a demandé à des personnes de Tirana (Albanie), de se remémorer quelques mots de russe, une langue qui faisait obligatoirement partie de leur scolarité. Le choix des mots est loin d'être anodin et trahit l'idéologie propre aux régimes de l'Est. La difficulté qu'ont les participants à réveiller leurs souvenirs semble proportionnelle aux efforts déployés pour faire disparaître toutes traces des régimes passés, qu'elles soient des monuments ou des vocables.

En 1968, la chanson Revolution marque un tournant dans la carrière des Beatles puisqu'elle amorce leur engagement politique, spécialement pour le pacifiste John Lennon. Dans Everything is gonna be (2008), la chanson est reprise par un chœur amateur des îles Lofoten en Norvège. La distance est flagrante entre ce qu’a pu véhiculer cette chanson et la situation de ces chanteurs, répétant avec hésitation dans un intérieur ordinaire.

We need to have civil consciousness and basta (2010), le travail le plus récent présenté à Fribourg,  se concentre sur les notions d'écoute et d'engagement. On y voit, à Naples, un groupe de citoyens participer à une réunion à l'issue de laquelle ils prendront la décision de former ou non un parti politique. Quelles que soient les valeurs véhiculées, ce n'est qu'avec un certain pragmatisme que le citoyen enthousiaste peut se muer en politicien. 

 

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KATARINA ZDJELAR
We need to have civil consciousness and basta, 2010
  
Arrêts sur image, courtoisie l'artiste.
© 2010, Katarina Zdjelar

 

EXPOSITIONS RECENTES DE KATARINA ZDJELAR

2010 : Parapoetics, TENT Rotterdam (solo) ; Circus, Berlin (solo); There Has Been No Future, There Will Be No
Past, ISCP New York; Let’s Talk about Nationalism! Between Ideology and Identity, Kumu Art Museum, Tallinn.
2009 : Morality. Act II : From Love to Legal, Witte de With Centre for Contemporary Art, Rotterdam ; 
The Uncertainty Principle / How fast does an idea travel?, MACBA, Barcelone.


FRI ART, CENTRE D'ART DE FRIBOURG
KUNSTHALLE FREIBURG
Petites Rames 22
Case postale 582
CH-1701 Fribourg

www.fri-art.ch 

Vernissage vendredi 19 novembre à 18h

Exposition organisée avec le soutien de : Loterie Romande, Agglomération de Fribourg,  Canton de Fribourg, Pour-cent culturel Migros, Verticaldrape SA.

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