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April 15, 2010

CNC Bilan des aides à la production audiovisuelle 2009

Le Centre national de la cinématographie / Centre national du cinéma et de l’image animée (CNC) vient de présenter un bilan de la production audiovisuelle aidée pour l’année 2009. Ce bilan s’appuie sur les données statistiques collecter par le CNC. Cette présentation fait une distinction en fonction des genres de production entre la fiction, le documentaire, l’animation, la captation et la recréation audiovisuelle de spectacles vivants et, plus marginalement, certains magazines culturels. Le CNC précise que ce  bilan de la production audiovisuelle aidée s’appuie sur des oeuvres audiovisuelles qui ont effectivement reçu des soutiens financiers du CNC au titre de l’année 2009. Ces résultats peuvent donc être en décalage avec les statistiques publiées par les chaînes de télévision ou par le CSA. Elles permettent néanmoins de disposer de séries statistiques annuelles cohérentes (qui seules rendent possible les comparaisons entre différentes années ou périodes plus longues).
Voici les principaux enseignements de ce bilan tel que le CNC l’a présenté lors d’un point presse que ce message reproduit.
Le volume de la production audiovisuelle aidée par le CNC continue en 2009 la progression constatée en 2008, à 4 249 heures, soit le niveau le plus haut depuis 2002. Cet accroissement du
volume d’heures aidées de 6,6 % s’accompagne d’une légère augmentation des investissements des diffuseurs (+1,4 %). Les aides apportées par le COSIP progressent de 1,3% (+0,7% pour la production et + 19% pour le développement). Le montant des devis atteint 1,331 milliards d’euros (+2,3%). Cette tendance positive traduit des évolutions très contrastées selon les genres de programmes ; ainsi, seule la fiction connaît une diminution en volume d’heures produites ainsi qu’en investissements.
En 2009, le CNC a augmenté la valeur du point minute (+2,4 %), base du calcul du soutien automatique afin de renforcer son aide au secteur audiovisuel. Les producteurs ont ainsi pu investir davantage dans le développement de leurs projets, mais également dans leur production en fonction des contraintes du marché.
Ces chiffres dévoilent une situation moins négative que l’on aurait pu le craindre dans le contexte
économique actuel mais n’atténuent pas les incertitudes qui demeurent pour 2010.

La fiction : un fort recul en volume avec un retour aux fondamentaux
L’année 2008 avait été une année exceptionnelle en termes de volume de fiction produite (nombreux feuilletons). En 2009, le volume baisse de 17,6% à 752 heures. Il dépasse cependant le niveau de la période 2000-2004. Deux tendances marquantes caractérisent la fiction en 2009 : d’une part l’arrêt de la plupart des feuilletons quotidiens de journée et d’avant-soirée extrêmement montés en puissance en 2008 et d’autre part l’évolution des formats produits.
Les fictions de 52 minutes, après avoir connu leur niveau le plus important de commande en 2007, enregistrent une baisse de leur volume total, tandis que les fictions de 90 minutes (notamment les séries et les mini-séries) apparaissent, au contraire, en progression pour la première fois depuis 2005. On a ainsi assisté en 2009 à un retour à la structure antérieure, où le 90 minutes primait sur les formats de 52 minutes. Cette rupture peut assez largement s’expliquer par la modification de la législation de la publicité à la télévision. D’une part, les chaînes privées sont autorisées depuis 2009 à pratiquer deux coupures publicitaires dans leurs oeuvres audiovisuelles. D’autre part, les chaînes publiques, qui ne pouvaient pas interrompre les oeuvres diffusées sur leur antenne, ne diffusent plus de publicité après 20 heures. Le volume de fictions de 90 minutes progresse ainsi de 22 heures pour TF1 et M6 (en cumul) et de 16 heures pour France 2 et France 3 (en cumul).
Les diffuseurs financent moins d’heures de fiction mais ils les financent globalement mieux, avec
des apports horaires et des coûts horaires en progression. Sur la période 2005-2009, les feuilletons quotidiens de 26 minutes ont contribué à faire baisser le niveau de l’apport horaire des diffuseurs historiques. Hors effet de ces feuilletons, TF1, France Télévisions et Canal Plus ont globalement mieux financé la fiction sur cette période. Seule M6 semble s’inscrire dans une autre logique : cette chaîne continue à privilégier les investissements dans des formats de 26 minutes voire des formats courts en journée.

Le documentaire : croissance des volumes accompagnée d’une croissance des investissements
En 2009, le documentaire poursuit sa progression entamée l’année précédente (+8,1 % à 2 225 heures aidées). Cette augmentation (+166 heures) est principalement portée par France 3 (+69 heures à 352 heures) et par les chaînes de la TNT gratuite (+60 heures à 122 heures) en particulier par France 4 et NRJ 12. Les chaînes locales continuent aussi la progression entamée en 2008, passant de 239 heures à 253 heures en 2009.
Les devis de production de ces programmes croissent dans les mêmes proportions que les heures aidées.
Avec un total de 163,1 M€ en 2009 (+10,9 %), les investissements des diffuseurs dans le financement du documentaire atteignent leur plus haut niveau à ce jour. Toutes les catégories de
diffuseurs augmentent leurs apports dans le genre du documentaire. Les chaînes de la TNT, avec 4,2 M€ investis en 2009 – contre 1,7M€ en 2008, constituent progressivement un relais de croissance pour le secteur, leurs ressources étant assises sur un marché publicitaire en progression constante. Les chaînes thématiques du câble et du satellite restent en 2009 stables dans leurs investissements.
Le documentaire s’est désormais installé sur les grandes chaînes en première partie de soirée, notamment à travers de nouvelles écritures ; l’augmentation des formats de première partie de soirée, en particulier sur France Télévisions, explique la progression des financements.
Cette évolution des financements, positive pour l’ensemble du secteur, ne doit pas masquer de réelles mutations sur le plan éditorial. Les frontières entre genres s’estompent de plus en plus et les modes de narration sont bouleversés ; c’est particulièrement flagrant en documentaire. Le CNC accompagne cette évolution, née essentiellement de l’arrivée du documentaire en première partie de soirée et du succès auprès du public de nouvelles formes narratives, sur les chaînes historiques comme sur les chaînes du câble et du satellite, de la TNT et même d’Internet. Pour autant, le CNC souhaite continuer à encourager le documentaire d’auteur, particulièrement reconnu à l’international.

L’animation : un nouveau cycle de production
L’animation entre dans un nouveau cycle de production en 2009. Le volume de production est en forte augmentation, pour la première fois depuis 2006, année au cours de laquelle il avait atteint le plus haut niveau de la dernière décennie. Il s’élève à 351 heures en 2009, contre 259 heures en 2008, soit une croissance de 35,5 % en un an.
Cette évolution est portée, d’une part, par le développement des séries de 11 à 15 minutes qui augmentent pour la deuxième année consécutive. Ces séries constituent le premier format d’animation depuis 2008 (43,3 % du volume horaire total en 2009). Elle est portée, d’autre part, par le retour de la production de séries de 26 minutes (+141,6 % à 99 heures, après une baisse de 83 heures entre 2007 et 2008). Elles représentent 28,3 % du volume d’animation en 2009, contre 15,9 % en 2008.
Les devis progressent plus vite que le volume (+39,2 % à 211,1 M€), donc le coût horaire moyen des programmes progresse de 2,7 %. L’apport des diffuseurs dans les oeuvres d’animation progresse de 46,7 %. Ils investissent 58,8 M€ en 2009, contre 40,1 M€ en 2008. La croissance des commandes concerne principalement les chaînes historiques privées. Pour la quatrième année consécutive, France Télévisions diminue son volume commandé tout en finançant globalement mieux les programmes.

Le spectacle vivant : progression des volumes sans augmentation correspondante des apports des chaînes
Le volume de captations et recréations de spectacle vivant enregistre en 2009 une progression de
21,2 % pour atteindre 486 heures, son niveau le plus élevé des dix dernières années. Les devis des captations de spectacle vivant croissent de 24,5 % pour atteindre 75,7 M€, soit un coût horaire
moyen en légère hausse (+2,7 % à 155,9 k€). L’évolution constatée l’an dernier se confirme donc. Tous les genres de spectacles sont concernés, particulièrement le théâtre et la musique.
Les investissements des diffuseurs augmentent cependant moins vite que le volume (+18,0 % à 25,0 M€), soit un apport horaire moyen en baisse (à 44 k€ contre 46,3 k€ en 2008). Les chaînes couvrent 33,0 % des devis de production (-1,8 point). La part du COSIP dans le financement du genre reste stable à 26,1 % en 2009. L’évolution dans la structure de financement, alors que les volumes progressent, tandis que les apports horaires des diffuseurs diminuent, est fragilisante pour l’économie de ce secteur qui a tendance de plus en plus à se tourner vers les soutiens publics.
L’intervention des chaînes gratuites de la TNT dans le financement des oeuvres de spectacle vivant, qui pourrait à terme constituer un relais de croissance, reste encore, à ce jour, marginale, malgré les efforts de certaines. Internet est également une opportunité intéressante pour la diffusion du spectacle vivant. Cependant, l’économie d’Internet ne permet aujourd’hui ni de disposer des moyens techniques nécessaires pour un enregistrement de qualité, équivalent à ce qui est produit pour une antenne classique, ni d’acquérir des droits d’exploitation sur une période suffisamment longue pour constituer des programmes pérennes.

Conclusion
Le bilan de l’année 2009 s’avère plus satisfaisant que le contexte économique ne pouvait le laisser craindre. Le dispositif des obligations réglementaires des chaînes de télévision, assises sur le chiffre d’affaire de l’année antérieure (en l’occurrence 2008), ainsi que les aides du CNC ont sans doute permis d’amortir la crise, en lissant ses effets sur 2009.
Des éléments encourageants pour l’avenir sont par ailleurs à souligner.
La croissance des financements apportés par le CNC dans le développement des projets est révélatrice de la meilleure prise en considération de l’importance de cette phase essentielle dans le processus de création par les producteurs.
La montée en puissance des chaînes de la TNT gratuite, qui commencent à représenter une alternative aux chaînes historiques en particulier pour le documentaire et plus faiblement pour le spectacle vivant, est également un signe positif pour l’avenir.
La réforme de l’audiovisuel public, en consolidant les recettes publiques de France Télévisions, fait du groupe un pôle majeur du financement de la création grâce à des ressources stables.
Quelques fictions françaises commencent à renouer avec les succès d’audience, fin 2009, et début 2010 sur les chaînes hertziennes publiques comme privées.
Néanmoins, beaucoup de questions pèsent sur le secteur : l’achèvement de la réforme de France Télévisions, l’intégration du non linéaire dans la stratégie des chaînes tant publiques que privées, l’évolution du marché publicitaire avec la mise en place de nouveaux flux économiques, le vieillissement du public des chaînes historiques, la concurrence de la fiction américaine à laquelle la fiction française n’a pas encore apporté de vraie réponse, la fragilité du marché international en distribution et en financement.
Dans ce paysage, la priorité accordée en 2009 au secteur est maintenue pour 2010 avec une exigence essentielle : conforter l’audace des projets, car dans cette période troublée, il faut mettre l’accent sur l’inventivité et l’innovation. Les récents aménagements apportés pour les aides à l’écriture, les aides au développement, les aides au pilote vont dans ce sens tout comme le fonds d’aide à l’innovation audiovisuelle.
Le CNC soutient également l’émergence de projets pour Internet, réjouissante pour la création, démontrant que le secteur a su investir un nouveau marché, bien que son modèle économique soit encore très instable. Le CNC prévoit, dès cette année, une ouverture de son soutien automatique audiovisuel aux productions conçues pour Internet, étant convaincu de la nécessité d’accompagner les risques pris en faveur d’oeuvres originales françaises et européennes sur ce nouveau support de diffusion.
Centre national de la cinématographie / Centre national du cinéma et de l’image animée (CNC)

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